La situation des droits humains demeure préoccupante dans la ville de Butembo et ses environs. C’est ce qui ressort du troisième rapport publié ce mercredi 13 mai 2026 par la Fondation Maître Mbenze Yotama, une structure œuvrant dans la défense des droits humains et le développement communautaire au Nord-Kivu.
Dans ce document de 59 pages couvrant une période allant de janvier 2024 à mars 2026, les enquêteurs et chercheurs de cette organisation font état de plus de 76 cas de meurtres et assassinats ainsi que de 2 075 cas d’arrestations arbitraires enregistrés à Butembo et dans les agglomérations environnantes.

Maître MBENZE YOTAMA avec les journalistes de la ville de Butembo
Selon la Fondation, ces chiffres traduisent une dégradation persistante de la situation sécuritaire dans cette partie du pays malgré l’instauration de l’état de siège. Les auteurs du rapport estiment que les dispositifs sécuritaires mis en place n’ont pas permis de garantir efficacement la protection des civils et de leurs biens.
Présentant ce rapport devant la presse, Mbenze Yotama a dénoncé ce qu’il qualifie d’échec des services de sécurité et des animateurs de l’état de siège.
« Les statistiques que nous présentons aujourd’hui démontrent clairement que l’état de siège a complètement failli à sa mission de protéger la population », a affirmé Mbenze Yotama.
Le rapport évoque également plusieurs cas de violations graves des droits humains, notamment des arrestations arbitraires, des détentions illégales et des violences commises contre des civils dans différents quartiers de la ville de Butembo et dans certaines zones rurales environnantes.
Pour la Fondation Maître Mbenze Yotama, cette situation nécessite un changement profond de stratégie sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. La structure appelle les autorités nationales à repenser les mécanismes actuels afin de restaurer l’autorité de l’État et garantir une sécurité durable aux populations.
« Il est temps pour les autorités de penser à une autre stratégie capable d’assurer efficacement la sécurité des personnes et de leurs biens », a plaidé le défenseur des droits humains.
L’organisation invite également les autorités judiciaires et sécuritaires à lutter contre l’impunité des auteurs des violations des droits humains, tout en renforçant les mécanismes de protection des civils dans les zones affectées par l’insécurité.
Ce nouveau rapport intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences armées au Nord-Kivu, où plusieurs habitants continuent de vivre sous la menace des groupes armés actifs dans la région. La Fondation Maître Mbenze Yotama espère que ces données permettront d’alerter davantage les autorités nationales ainsi que les partenaires internationaux sur l’urgence d’une réponse sécuritaire adaptée à la réalité du terrain.