Haut-Katanga : des ONG de défense des droits humains dénoncent la détention présumée d’un jeune à Kasenga et exigent sa libération

Haut-Katanga : des ONG de défense des droits humains dénoncent la détention présumée d’un jeune à Kasenga et exigent sa libération

G

Ghislain Lukambo

23 0

Des organisations de défense des droits humains montent au créneau après la prétendue arrestation d’un jeune dans le territoire de Kasenga, dans la province du Haut-Katanga. Accusé d’avoir filmé un opposant politique qui appelait ses militants à participer à la marche annoncée par la plateforme d’opposition C64 le 22 juillet, ce jeune est au centre des préoccupations de plusieurs structures citoyennes, notamment l’Institut des Recherches en Droits de l’Homme (IRDH) et Justicia Asbl. Ces organisations réclament sa libération immédiate, estimant que les faits qui lui sont reprochés ne reposeraient sur aucun fondement légal.

Selon les défenseurs des droits humains, le simple fait de filmer une activité publique ou une personnalité politique ne peut constituer une infraction en soi, particulièrement lorsque l’acte est posé dans un espace accessible au public. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit à l’information.

Pour Timothée Mbuyu, chercheur et membre de l’Institut des Recherches en Droits de l’Homme, les autorités devraient plutôt garantir le respect des droits du jeune concerné au lieu de le maintenir en détention sur la base d’accusations jugées infondées.

« Nous estimons que cette personne n’avait aucune raison de passer une seule nuit dans un cachot. Le fait de filmer une personnalité politique ou une manifestation publique ne peut pas être considéré comme un crime. Les autorités doivent protéger les citoyens qui exercent leurs libertés reconnues par la Constitution. Nous demandons donc sa libération immédiate et invitons les services compétents à respecter strictement les procédures légales en matière d’arrestation et de détention », a déclaré Timothée Mbuyu.

De son côté, Maître Tshiswaka, représentant de Justicia Asbl, estime également que les charges évoquées contre ce jeune ne justifient pas son maintien en détention. Il appelle les autorités judiciaires à examiner le dossier avec impartialité et à éviter toute instrumentalisation de la justice dans des affaires liées aux activités politiques.

« Les éléments qui sont avancés contre ce jeune ne permettent pas, à notre avis, de justifier une privation de liberté. Dans un État de droit, toute arrestation doit être fondée sur des faits précis et des infractions clairement établies. Nous demandons que les droits de cette personne soient respectés et qu’elle puisse recouvrer sa liberté dans les meilleurs délais », a insisté Maître Tshiswaka.

Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par une forte mobilisation des acteurs de l’opposition autour de plusieurs revendications nationales. Les organisations de défense des droits humains rappellent que les tensions politiques ne doivent pas conduire à des restrictions abusives des libertés publiques.

L’IRDH et Justicia Asbl appellent enfin les autorités à garantir un environnement favorable à l’expression démocratique et au respect des droits fondamentaux de tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur opinion politique.

Dede Roy depuis Lubumbashi

Tags : # Actualité # RDC

Articles similaires