Dans un contexte marqué par l'afflux de déplacés liés à l'insécurité dans l'Est de la République démocratique du Congo, plusieurs locataires de la ville de Butembo dénoncent des augmentations jugées abusives des loyers ainsi que des pratiques qu'ils qualifient de tracasseries de la part de certains propriétaires. Ils appellent au respect des droits des locataires et à davantage d'humanisme dans les relations entre bailleurs et occupants. Le coût de la location des maisons continue d'alimenter les préoccupations des habitants de Butembo. Rencontrés ce samedi 18 juillet 2026 par les reporters de la RTEE Kivu, plusieurs locataires affirment faire face à des augmentations fréquentes et parfois inattendues des loyers, sans qu'aucune justification claire ne leur soit communiquée par leurs bailleurs.
Selon ces occupants, certains propriétaires procèdent à des révisions du montant du loyer à intervalles rapprochés, indépendamment des termes convenus au début du contrat. Cette situation complique davantage les conditions de vie de nombreuses familles déjà confrontées à la hausse du coût de la vie et à des revenus souvent insuffisants pour faire face aux dépenses quotidiennes.
Outre la question des loyers, plusieurs locataires dénoncent également des comportements qu'ils jugent inappropriés de la part de certains bailleurs. Ils évoquent notamment des appels téléphoniques répétés et des pressions exercées même lorsque les familles traversent des difficultés personnelles ou financières. Pour eux, ces pratiques créent un climat de tension permanente entre propriétaires et locataires.
« Nous comprenons que chaque propriétaire souhaite rentabiliser son bien immobilier, mais les augmentations répétées des loyers sans explication mettent de nombreuses familles en difficulté. Certains bailleurs modifient le montant convenu en cours de location et multiplient les appels lorsqu'un léger retard survient, sans tenir compte des réalités que vivent les ménages. Nous demandons davantage de compréhension, de dialogue et de respect mutuel afin que les relations entre bailleurs et locataires reposent sur la confiance plutôt que sur la pression permanente. », ont déclaré plusieurs locataires interrogés par la RTEE Kivu.
Face à cette situation, les occupants des maisons en location appellent les propriétaires à faire preuve de plus d'humanisme, estimant que le recours à la location résulte souvent de contraintes économiques ou sécuritaires et ne traduit en aucun cas une incapacité des personnes concernées. Ils rappellent que de nombreuses familles installées à Butembo ont fui l'insécurité qui sévit dans plusieurs territoires voisins et cherchent simplement un cadre de vie stable. Les locataires invitent également leurs concitoyens à choisir des habitations correspondant à leurs capacités financières afin de limiter les risques de difficultés dans le paiement des loyers. Ils estiment qu'une meilleure communication entre les deux parties permettrait de prévenir de nombreux conflits.
« Personne ne choisit volontairement de vivre dans des conditions difficiles ou de dépendre d'une maison en location. Beaucoup de familles se sont installées à Butembo après avoir fui l'insécurité dans leurs villages d'origine. Nous demandons aux bailleurs d'agir avec davantage de solidarité et de compréhension, surtout lorsque les locataires traversent des périodes compliquées. De notre côté, nous encourageons également les locataires à louer des maisons adaptées à leurs moyens afin de respecter leurs engagements et de préserver des relations harmonieuses avec les propriétaires. », ont ajouté les personnes interrogées.
La question du logement demeure un enjeu majeur dans la ville de Butembo, qui accueille depuis plusieurs années un nombre important de ménages déplacés par l'insécurité dans les territoires voisins. Cette pression démographique contribue à une forte demande en logements et alimente régulièrement les débats sur l'encadrement des loyers, le respect des engagements contractuels et la nécessité de promouvoir des relations équilibrées entre bailleurs et locataires.