Butembo : malgré sa réhabilitation, le boulevard Julien Paluku ex-rue Kinshasa étouffé par des parkings pirates de camions

Butembo : malgré sa réhabilitation, le boulevard Julien Paluku ex-rue Kinshasa étouffé par des parkings pirates de camions

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Ghislain Lukambo

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Le boulevard Julien Paluku, ex-rue Kinshasa, peine à retrouver sa vocation de voie de circulation malgré les travaux de réhabilitation récemment réalisés sur une partie de cet axe. À proximité du bureau la FEC et de la CBCA Kimemi, dans le tronçon reliant la route Mutsanga à l’axe de l’Évêché, des dizaines de camions stationnés de part et d’autre de la chaussée transforment la voie en parking à ciel ouvert et en garage. Une situation dénoncée ce samedi 22 août 2026 par des usagers et petits commerçants, qui appellent la mairie et les services compétents à mettre fin à cette occupation de la chaussée.

La circulation y est particulièrement difficile sur la partie non asphaltée du boulevard, en direction de la route Mutsanga. Pourtant, ce tronçon avait récemment fait l’objet d’une opération de rechargement et de remise en terre battue, avec l’objectif notamment d’améliorer la mobilité entre la route Mutsanga et l’axe de l’Évêché.

Sur le terrain, les reporters de la RTEE Kivu ont constaté la présence de nombreux camions stationnés sur les deux côtés de la chaussée. Certains sont immobilisés pour une longue durée, tandis que d’autres sont utilisés dans le cadre d’activités de réparation mécanique. Cette occupation réduit considérablement l’espace disponible pour les autres usagers et oblige les véhicules ainsi que les piétons à se frayer difficilement un passage entre les engins.

Cette situation intervient alors que la mairie de Butembo mène, sur ce même axe, une opération d’évacuation des kiosques et autres installations anarchiques qui occupent l’espace public. Les usagers saluent cette initiative, mais estiment qu’elle devrait également s’étendre aux camions et garages installés sur la chaussée.

« On a arrangé la route, mais on ne sait plus passer. Les camions sont garés de part et d’autre de la chaussée et nous sommes obligés de nous faufiler entre eux. Pour nous qui vendons au bord de la route, c’est devenu dangereux, parce qu’il y a des véhicules qui circulent difficilement et les clients ne savent plus accéder correctement à nos activités. Nous demandons aux autorités de regarder cette situation avec la même attention qu’elles accordent aux kiosques anarchiques. Si l’objectif est de désengorger les routes et de faciliter la circulation, il faut également trouver une solution au stationnement de ces camions. La route vient d’être réhabilitée, mais si elle continue à être occupée de cette manière, les travaux risquent de ne pas produire les résultats attendus », dénonce un usager et petit commerçant rencontré par la RTEE Kivu sur le boulevard Julien Paluku.

Cette situation met une nouvelle fois en lumière la problématique du manque d’aires de stationnement adaptées aux poids lourds dans la ville commerciale de Butembo. En l’absence de parkings publics suffisamment aménagés, plusieurs conducteurs se rabattent sur les artères secondaires et certains tronçons routiers pour stationner leurs véhicules. Mais pour certains habitants, cette insuffisance d’infrastructures ne devrait pas justifier l’occupation permanente des chaussées. Ils estiment que des solutions alternatives doivent être recherchées afin de permettre aux transporteurs de disposer d’espaces appropriés sans compromettre la circulation.

À cette difficulté s’ajoute celle des garages installés le long de certaines voies. Dans le tronçon situé entre la route Mutsanga et l’axe de l’Évêché, l’exiguïté de certains ateliers contraint les mécaniciens à effectuer des réparations directement sur la chaussée.

Un chauffeur-mécanicien rencontré sur place explique que cette situation est également liée au manque d’espace dans les garages. Selon lui, certains professionnels ne disposent pas de superficie suffisante pour accueillir et réparer leurs véhicules à l’intérieur de leurs concessions.

« Le garage est petit et nous n’avons pas suffisamment d’espace pour mettre les véhicules. C’est pour cette raison que nous sommes parfois obligés de travailler sur la route. Nous savons que cela gêne la circulation, mais nous travaillons aussi pour chercher notre vie. Si la mairie ou les autorités compétentes pouvaient nous trouver un espace suffisamment grand où installer les garages et les véhicules, nous serions prêts à quitter la chaussée. Nous ne voulons pas créer des embouteillages ni empêcher les gens de circuler. Le problème est surtout que nous manquons d’un endroit adapté pour exercer notre travail », explique ce chauffeur-mécanicien interrogé par les reporters de la RTEE Kivu.

Le phénomène dépasse d’ailleurs le seul boulevard Julien Paluku. Sur la rue Matadi, notamment dans son détachement en direction de la mairie, des garages à ciel ouvert occupent également une partie de la chaussée et compliquent la circulation. Sur cet axe, les autorités urbaines semblent toutefois avoir commencé à prendre des mesures. Selon les informations recueillies par la RTEE Kivu, les occupants illégaux de la chaussée auraient reçu un ultimatum leur demandant de libérer les lieux. À l’expiration du délai accordé, une évacuation forcée pourrait être envisagée.

« On nous a informés que la mairie a donné un dernier délai aux garagistes qui occupent la chaussée sur la rue Matadi. Après ce délai, il pourrait y avoir une évacuation forcée. Nous attendons maintenant que la même rigueur soit appliquée sur la rue Kinshasa, parce que les problèmes sont pratiquement les mêmes. Il faut que les routes restent des espaces de circulation et que les garages ainsi que les parkings soient installés dans des endroits prévus à cet effet », témoigne un usager de la rue Matadi contacté par la RTEE Kivu.

Pour les usagers du boulevard Julien Paluku, l’opération d’évacuation des kiosques anarchiques ne devrait donc constituer qu’une première étape. Ils demandent aux autorités urbaines d’étendre leur action aux véhicules et installations mécaniques qui occupent les emprises routières, tout en proposant des espaces alternatifs aux transporteurs et mécaniciens.

Entre le besoin urgent de parkings pour poids lourds, l’exiguïté de certains garages, l’occupation anarchique des emprises routières et la nécessité de préserver les activités économiques, la fluidité de la circulation demeure un défi majeur à Butembo.

Les usagers espèrent ainsi que les travaux réalisés sur les axes routiers de la ville seront accompagnés de mesures de gestion de l’espace public, afin d’éviter que les voies récemment réhabilitées ne soient rapidement transformées en parkings ou en ateliers à ciel ouvert.

Dossier Ghislain Lukambo, depuis Butembo

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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