Tshopo : les démolitions des constructions anarchiques à Kisangani inquiètent les petits commerçants

Tshopo : les démolitions des constructions anarchiques à Kisangani inquiètent les petits commerçants

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Yassin K.

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À Kisangani, dans la province de la Tshopo, les opérations de démolition des constructions qualifiées d’anarchiques par les autorités municipales se poursuivent dans plusieurs secteurs de la ville. Bars, boutiques, ateliers de réparation de téléphones et autres petits espaces commerciaux sont concernés par cette opération décidée par le maire de la ville. Si les autorités évoquent la nécessité de lutter contre les constructions irrégulières et de réorganiser l’espace urbain, ces démolitions suscitent des inquiétudes chez les personnes qui exerçaient leurs activités dans les espaces détruits.

Derrière les tôles, les étals et les petits bâtiments réduits en décombres se trouvaient en effet des activités qui permettaient à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins quotidiens. Pour certains petits commerçants et artisans, la destruction de leur espace de travail signifie désormais la perte de leur principale source de revenus. Bars, boutiques et ateliers de réparation de téléphones constituaient pour ces personnes des moyens de subsistance, même lorsqu’ils étaient installés dans des constructions considérées comme irrégulières. Alors que les opérations se poursuivent et que les décombres s’accumulent dans certains endroits, la question de l’avenir de ces travailleurs se pose avec insistance.

Au-delà de la question urbanistique, cette situation soulève ainsi un enjeu social et économique pour la ville de Kisangani. Les personnes touchées cherchent désormais à savoir si des solutions alternatives sont prévues, notamment la possibilité de disposer de nouveaux espaces pour poursuivre leurs activités.

L’objectif de l’assainissement et de la réorganisation de la ville reste au cœur de l’opération, mais les personnes ayant perdu leurs lieux de travail souhaitent également que leur situation soit prise en compte afin d’éviter que la lutte contre les constructions anarchiques ne se transforme en précarisation supplémentaire des petits opérateurs économiques.

Ces démolitions relancent donc le débat sur la manière de concilier l’application des règles d’urbanisme avec la protection des activités économiques qui font vivre une partie importante de la population. Pour plusieurs habitants, la réorganisation de l’espace urbain doit être accompagnée de mesures permettant aux petits commerçants et artisans concernés de retrouver des espaces adaptés et de continuer à travailler dans un cadre légal.

La question demeure dès lors entière : que deviennent les familles qui dépendaient de ces activités après la destruction de leurs espaces de travail ? Alors que les opérations municipales se poursuivent à Kisangani, les personnes affectées attendent des autorités des réponses sur leur relocalisation et sur les possibilités qui leur sont offertes pour reprendre leurs activités.

Reportage à Kisangani de notre correspondant Élie Lenge.

Tags : # Actualité # RDC

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