Dans le territoire de Rutshuru, l’absence prolongée de pluies commence à faire sentir ses conséquences sur l’agriculture. À Binza, l’un des principaux bassins de production de cette partie du Nord-Kivu, les champs et les jardins potagers sont durement affectés par cette situation climatique. Après plus d’un mois sans précipitations significatives, plusieurs cultures vivrières commencent à se dessécher, suscitant l’inquiétude des agriculteurs qui redoutent désormais une baisse importante de la production au cours de la prochaine récolte.
Dans cette zone où l’agriculture constitue la principale source de revenus et de subsistance pour plus de 90 % de la population, les conséquences de cette sécheresse prolongée sont particulièrement préoccupantes. Les plantules de haricot, de soja, de riz et de maïs figurent parmi les cultures touchées. Dans plusieurs champs, les jeunes plants qui avaient besoin d’une humidité régulière pour poursuivre leur croissance peinent désormais à se développer et commencent à sécher. Les agriculteurs craignent que la persistance de cette situation ne compromette une partie de la production vivrière et n’aggrave les difficultés d’accès aux denrées alimentaires dans les prochaines semaines.
Au-delà des pertes agricoles, cette situation met directement en évidence la vulnérabilité des communautés rurales face aux perturbations du climat. À Binza, où de nombreux ménages dépendent directement des récoltes pour se nourrir, vendre une partie de leur production et assurer les dépenses quotidiennes, une mauvaise saison agricole pourrait avoir des répercussions importantes sur les revenus des familles. La diminution de l’offre des produits agricoles pourrait également entraîner une hausse des prix sur les marchés locaux, avec des conséquences particulièrement lourdes pour les ménages à faibles revenus.
Face à cette situation, les agriculteurs appellent à une attention accrue des autorités et des acteurs intervenant dans le secteur agricole. Ils souhaitent notamment voir se développer des mécanismes permettant aux communautés rurales de mieux s’adapter aux changements des régimes pluviométriques et aux épisodes prolongés de sécheresse. Pour eux, l’enjeu ne concerne plus seulement la prochaine récolte, mais également la capacité des familles de Binza à maintenir leur production et à assurer leur sécurité alimentaire dans un contexte climatique de plus en plus imprévisible.
La situation reste donc à surveiller dans les prochains jours. Si les pluies ne reprennent pas rapidement, les dégâts pourraient s’étendre à davantage de superficies et compromettre davantage les cultures actuellement en pleine croissance. Dans une zone fortement dépendante de l’agriculture, la préoccupation est désormais de préserver les récoltes et d’éviter que cette longue interruption des pluies ne se transforme en véritable crise alimentaire locale.
Mwenge Kake, depuis Rutshuru.