Selon plusieurs témoignages recueillis sur place par notre correspondante dans la région ASIFIWE KAGHENI, la situation reste tendue dans cette partie du territoire, où des habitants, notamment des pêcheurs et opérateurs lacustres, réclament le respect de leurs droits et dénoncent ce qu’ils qualifient de traitements abusifs dans les zones de Vitshumbi, Kasindi-Port et Kisaka.
Des habitants de Kyavinyonge affirment être opposés à certaines mesures mises en application par l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) et le COPEVI, qu’ils accusent de multiplier les arrestations arbitraires contre les pêcheurs locaux. Plusieurs manifestants dénoncent également la rétention de pirogues ainsi que la confiscation de matériels et biens de pêche appartenant aux habitants de cette entité lacustre.
D’après des sources locales, la colère de la population se serait intensifiée après plusieurs opérations menées récemment dans les zones de pêche jugées sensibles. Les manifestants estiment que ces interventions affectent gravement leurs activités économiques et compromettent la survie de nombreuses familles vivant essentiellement de la pêche sur le lac Édouard.
Sur certaines images et vidéos circulant dans la zone, l’on aperçoit des groupes d’habitants rassemblés dans les rues, exprimant leur ras-le-bol face à cette situation. Des tirs nourris auraient été entendus dans plusieurs coins de Kyavinyonge, provoquant la panique parmi les habitants et poussant plusieurs commerçants à fermer leurs activités par crainte de débordements.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités locales ni par les responsables de l’ICCN concernant l’origine exacte des coups de feu signalés dans l’agglomération. Toutefois, des sources locales évoquent une tentative de dispersion des manifestants après la montée de la tension dans certains quartiers.
La population kyavicienne appelle les autorités provinciales et nationales à s’impliquer rapidement afin de trouver une solution durable aux conflits récurrents opposant les pêcheurs aux services de conservation de la nature dans les zones lacustres du Nord-Kivu.
Cette nouvelle tension relance une fois de plus le débat sur la cohabitation entre la protection des ressources naturelles et les activités économiques des communautés riveraines vivant de la pêche autour du lac Édouard.
La situation demeure confuse sur place et pourrait évoluer dans les prochaines heures. Plus de détails seront communiqués dans nos prochaines éditions.
Depuis KYAVINYONGE, Constat de ASIFIWE KAGHENI