À Butembo, plusieurs demandeurs d’emploi dénoncent ce qu’ils considèrent comme des irrégularités dans certains processus de recrutement organisés par des établissements privés de la ville.
Après l’affichage récent des résultats dans plusieurs entreprises et institutions, de nombreux candidats affirment avoir constaté que certains postes semblaient déjà attribués avant même la fin des concours et tests de sélection.
Cette situation suscite frustration et découragement parmi plusieurs jeunes diplômés confrontés depuis des années à un chômage persistant dans la région.
Une jeune licenciée rencontrée par la RTEE affirme avoir participé à plusieurs tests de recrutement avec l’espoir d’obtenir enfin un emploi stable. Mais après la publication des résultats, elle dit avoir eu l’impression que tout était déjà décidé à l’avance.
« On voit souvent les mêmes noms revenir. Nous avons l’impression que certaines personnes sont choisies avant même les tests. Cela décourage énormément les jeunes qui cherchent du travail honnêtement. »
Face à ces accusations, le Service urbain du travail rappelle pourtant que toute entreprise est légalement tenue de respecter des procédures transparentes avant toute embauche.
L’inspecteur urbain du travail, Gustave Kalumba, précise que le recrutement doit notamment passer par un appel public à candidatures, une définition claire des critères de sélection ainsi qu’un affichage officiel des résultats.
Selon lui, ces dispositions permettent de garantir l’égalité des chances entre les différents candidats.
Mais certains acteurs de la société civile appellent également les demandeurs d’emploi à renforcer leurs capacités professionnelles afin d’augmenter leurs chances sur le marché du travail.
Maître Petro Assingya, coordonnateur du Forum congolais de la société civile du Bassin du Nil, estime que certains jeunes attribuent trop rapidement leur échec aux recruteurs sans parfois analyser leur propre niveau de préparation.
Toutefois, il reconnaît que le manque d’emplois disponibles dans la région accentue considérablement les frustrations.
Dans un contexte marqué par des décennies d’insécurité au Nord-Kivu, le tissu économique demeure fortement fragilisé. Chaque offre d’emploi attire désormais des centaines de candidats, rendant la concurrence extrêmement difficile pour les jeunes diplômés de Butembo et des environs.
Enquête de Light MUSONGA et Esperanza SINDANI