Sud-Kivu : la prolifération des chambres de prière inquiète la société civile à Burhale

Sud-Kivu : la prolifération des chambres de prière inquiète la société civile à Burhale

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Ghislain Lukambo

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La prolifération des chambres de prière dans plusieurs villages du groupement de Burhale, en territoire de Walungu, suscite des inquiétudes au sein de la société civile locale. Selon cette structure citoyenne, au moins 60 chambres de prière seraient actuellement en activité dans différentes localités de cette entité, une situation qui soulève des préoccupations liées à la santé publique, aux activités socio-économiques et à la cohésion au sein des communautés.

La société civile estime que certaines de ces structures religieuses fonctionnent sans encadrement suffisant et peuvent devenir des espaces favorisant la diffusion de messages présentés comme des prophéties, mais qui ne reposeraient pas nécessairement sur des bases vérifiables.

Pour les acteurs citoyens, le phénomène mérite une attention particulière en raison de son impact potentiel sur les comportements de certaines familles. Ils affirment que des personnes malades seraient parfois orientées vers la prière au détriment d'une consultation dans une structure de santé, tandis que certains habitants délaisseraient leurs activités agricoles pour fréquenter régulièrement ces lieux.

Joseph Babwine, président de la société civile locale, revient sur cette situation au micro d'Eugide Abalawi :

« Nous constatons aujourd'hui une prolifération des chambres de prière dans plusieurs villages de Burhale. Leur nombre devient préoccupant, parce que certaines personnes abandonnent leurs activités quotidiennes pour passer beaucoup de temps dans ces endroits. Nous pensons qu'il est nécessaire que les autorités et les responsables religieux puissent encadrer ce phénomène afin d'éviter des conséquences négatives pour la communauté. »

La société civile dénonce particulièrement les pratiques qui pourraient conduire certains habitants à privilégier exclusivement les prières ou les promesses de guérison au détriment des soins médicaux. Elle appelle les responsables de ces chambres de prière à sensibiliser leurs fidèles sur la nécessité de consulter les professionnels de santé en cas de maladie.

Poursuivant son intervention, Joseph Babwine met l'accent sur les risques liés au recours exclusif aux pratiques spirituelles :

« La foi et la prière ont leur importance pour ceux qui les pratiquent, mais elles ne devraient pas empêcher une personne malade de se rendre dans un centre de santé. Nous demandons aux responsables de ces chambres de prière de ne pas décourager les malades à suivre les soins médicaux. Il faut éviter que certaines personnes perdent leur vie à cause de fausses promesses ou de fausses prophéties. »

Au-delà de la question sanitaire, la société civile évoque également les conséquences économiques de cette prolifération. Dans une région où l'agriculture constitue l'une des principales activités de subsistance, elle estime que l'abandon ou la négligence des travaux champêtres pourrait aggraver la vulnérabilité de certains ménages. Elle appelle également à la vigilance afin que les activités religieuses ne deviennent pas une source de division au sein des communautés. Selon elle, le respect des convictions de chacun doit aller de pair avec la préservation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.

Pour conclure, le président de la société civile de Burhale appelle à un encadrement concerté du phénomène :

« Nous ne sommes pas contre la foi ni contre les personnes qui prient. Notre préoccupation concerne les conséquences que peut avoir une prolifération non encadrée. Nous demandons aux autorités compétentes, aux responsables religieux et à la communauté de réfléchir ensemble à des mécanismes permettant de préserver la liberté de culte tout en protégeant la santé, les activités économiques et la cohésion sociale. »

La société civile de Burhale souhaite ainsi l'ouverture d'un dialogue entre les autorités administratives, les responsables religieux, les acteurs communautaires et les professionnels de santé afin de mieux encadrer les activités de ces chambres de prière.

Eugide Abalawi, depuis Walungu.

Tags : # Actualité # RDC # Sud-Kivu

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