Rutshuru : un pêcheur grièvement blessé par un hippopotame sur les eaux du lac Édouard

Rutshuru : un pêcheur grièvement blessé par un hippopotame sur les eaux du lac Édouard

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Ghislain Lukambo

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L'homme de plus de 50 ans a été attaqué alors qu'il pêchait à l'hameçon près de Nyakakoma. Sa famille appelle les autorités à renforcer les mesures de protection des pêcheurs confrontés aux attaques répétées des hippopotames.

Un pêcheur a été grièvement blessé par un hippopotame, samedi 4 juillet, dans les eaux du lac Édouard, au niveau de Kamuhororo, une zone de pêche située à Nyakakoma, sur la rive est du lac, dans le groupement de Binza, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Selon les informations recueillies sur place, la victime, identifiée sous le nom de Kanyalire, âgée de plus de cinquante ans, pratiquait la pêche à l'hameçon lorsqu'elle a été violemment attaquée par le pachyderme. L'animal l'aurait surpris alors qu'il se trouvait dans une zone habituellement fréquentée par les pêcheurs artisanaux.

Gravement blessé, le pêcheur a été secouru par d'autres riverains présents sur le lac avant d'être transporté vers une structure sanitaire de la région. Après avoir reçu les premiers soins à l'Hôpital général de référence de Nyamilima, son état de santé a nécessité une évacuation vers l'Hôpital général de référence de Rutshuru, où il poursuit actuellement sa prise en charge médicale.

Pour les membres de sa famille, cette attaque illustre une nouvelle fois les dangers auxquels sont quotidiennement confrontés les pêcheurs qui tirent leur subsistance des eaux du lac Édouard.

« Mon frère était parti très tôt comme à son habitude pour pratiquer la pêche à l'hameçon. Personne ne s'attendait à ce qu'il soit attaqué par un hippopotame. Lorsque nous avons été informés, nous nous sommes précipités sur les lieux et nous l'avons trouvé grièvement blessé. Grâce à l'intervention rapide de ses collègues pêcheurs, il a pu être ramené à terre avant d'être conduit à l'hôpital. Nous remercions les équipes médicales qui l'ont pris en charge, mais nous demandons aussi aux autorités de réfléchir à des solutions durables, car ces attaques deviennent de plus en plus fréquentes et mettent la vie des pêcheurs en danger. », a témoigné Jonathan, un membre de la famille de la victime.

Les habitants de Nyakakoma indiquent que les hippopotames occupent régulièrement plusieurs secteurs du lac Édouard, notamment aux premières heures de la matinée et en fin d'après-midi, des périodes qui coïncident avec les activités de pêche. Cette cohabitation expose les pêcheurs à des risques permanents, malgré les précautions qu'ils prennent avant de prendre le large.

Les organisations locales de pêcheurs affirment que plusieurs cas d'attaques similaires ont déjà été enregistrés ces dernières années, certains ayant même entraîné des pertes en vies humaines. Elles plaident pour un renforcement des dispositifs de prévention ainsi qu'une meilleure sensibilisation des communautés vivant autour du lac.

« Nous vivons de la pêche, mais chaque sortie sur le lac est devenue une véritable prise de risque. Les hippopotames sont de plus en plus présents dans les zones de pêche et il est difficile pour les pêcheurs d'éviter leur passage. Nous demandons aux autorités compétentes et aux gestionnaires des aires protégées de travailler avec les communautés afin de trouver des mécanismes qui permettent de réduire ces incidents. Il est important de protéger la faune, mais il faut également préserver la vie des populations qui dépendent du lac pour leur survie. », ont indiqué des pêcheurs de Nyakakoma.

Les cas d'attaques d'hippopotames demeurent récurrents sur le lac Édouard. Les pêcheurs continuent de dénoncer les risques liés à la présence de ces animaux, particulièrement au lever et au coucher du soleil, lorsque les activités de pêche sont les plus intenses. Ils espèrent que des mesures concrètes seront prises afin de limiter ces incidents et d'améliorer la sécurité des usagers du lac.

Reportage de Mwenge Kake, depuis Rutshuru.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu

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