Rutshuru : les incursions d’éléphants du parc des Virunga détruisent les champs autour de Nyamilima, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme

Rutshuru : les incursions d’éléphants du parc des Virunga détruisent les champs autour de Nyamilima, les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme

Dans le groupement de Binza, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), les agriculteurs riverains du Parc national des Virunga dénoncent la multiplication des incursions d’éléphants qui ravagent leurs cultures aux périphéries de l’agglomération de Nyamilima.

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Ghislain Lukambo

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Face à ces dégâts récurrents, ils appellent l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) à intervenir urgemment avant le début de la prochaine saison agricole.

La cohabitation entre la faune sauvage du Parc national des Virunga et les populations agricoles vivant en périphérie de Nyamilima devient de plus en plus difficile. Depuis plusieurs semaines, des éléphants sortis du parc multiplient les incursions dans les champs riverains, causant d’importants dégâts sur les cultures vivrières.

Selon les agriculteurs locaux, plusieurs hectares de champs ont déjà été détruits lors des passages de ces pachydermes, compromettant sérieusement les récoltes et menaçant directement la sécurité alimentaire des ménages de la zone. Manioc, maïs, bananeraies et autres cultures de subsistance figurent parmi les principales victimes de ces incursions répétées.

Joints par notre reporter ce mardi 23 juin 2026, les paysans expriment leur vive inquiétude face à ce qu’ils qualifient de silence persistant de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), malgré de nombreuses alertes déjà lancées.

« Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Les éléphants détruisent nos champs presque chaque semaine et nous n’avons aucune réaction concrète des autorités compétentes. Nous risquons de ne plus avoir de quoi nourrir nos familles », déplore un agriculteur de Nyamilima.

Pour les populations locales, la situation constitue un double problème. D’une part, elle aggrave l’insécurité alimentaire dans une zone déjà fragilisée par les difficultés économiques et sécuritaires. D’autre part, les tentatives de repousser les éléphants exposent les habitants à de graves dangers, notamment des risques d’accidents parfois mortels.

« Quand nous essayons de protéger nos champs, nous prenons de grands risques. Les éléphants peuvent être très agressifs. Mais si nous ne faisons rien, nous perdons toutes nos récoltes. Nous sommes pris entre deux dangers », témoigne un autre habitant du groupement de Binza.

Les agriculteurs appellent ainsi l’ICCN et les autorités compétentes à mettre en place des mesures urgentes et durables pour limiter ces conflits homme-faune, notamment avant le lancement de la prochaine saison agricole. Ils suggèrent entre autres le renforcement de la surveillance du parc, la mise en place de barrières de protection ou encore des mécanismes d’alerte rapide.

Cette situation relance une fois de plus le débat sur la gestion des aires protégées et la cohabitation entre la conservation de la biodiversité et les besoins des communautés riveraines, particulièrement dans les zones agricoles du Nord-Kivu où la pression sur les terres cultivables est déjà très forte.

MWENGE KAKE, depuis Nyamilima, pour la RTEE.

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