Dans la cité de Kiwanja, en territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, l’accès à la terre agricole devient de plus en plus difficile pour de nombreux ménages. Entre l’insécurité persistante, la rareté des espaces cultivables et l’augmentation des coûts de location des champs, plusieurs familles déplacées et populations vulnérables peinent à produire suffisamment pour subvenir à leurs besoins.
Dans cette partie du Nord-Kivu, l’agriculture constitue pourtant l’une des principales sources de revenus et d’alimentation pour la majorité des habitants. Mais depuis plusieurs années, les perturbations sécuritaires ont profondément bouleversé les habitudes agricoles. De nombreux cultivateurs ont été contraints d’abandonner leurs champs situés dans des zones jugées dangereuses, réduisant ainsi les superficies exploitées.
À Kiwanja et dans ses environs, plusieurs ménages déplacés tentent aujourd’hui de trouver des terres disponibles pour reprendre leurs activités agricoles. Toutefois, la forte demande et la diminution des espaces accessibles ont entraîné une hausse importante des redevances exigées par certains propriétaires fonciers.
Cette situation touche particulièrement les familles qui ont perdu leurs moyens de subsistance à cause des déplacements forcés. Avec peu de ressources financières, plusieurs d’entre elles ne parviennent plus à louer des parcelles ou à acheter les intrants nécessaires à la production.
« Avant, il était possible de trouver facilement un champ à cultiver. Aujourd’hui, les terres deviennent rares et les prix augmentent chaque saison. Beaucoup de familles déplacées veulent travailler, mais elles n’ont pas les moyens d’accéder à une parcelle », témoigne un agriculteur de Kiwanja.
La conséquence directe de cette situation est la baisse de la production agricole locale. Plusieurs produits de base deviennent plus difficiles d’accès sur les marchés, tandis que les ménages doivent faire face à une augmentation des prix des denrées alimentaires. Les acteurs communautaires alertent sur les risques que cette situation représente pour la sécurité alimentaire dans le territoire de Rutshuru. Ils estiment qu’une réponse urgente est nécessaire pour permettre aux agriculteurs, particulièrement les personnes déplacées et les ménages vulnérables, de reprendre leurs activités dans des conditions plus favorables.
Ils recommandent notamment le renforcement des mécanismes d’accès équitable à la terre, l’accompagnement des producteurs agricoles, la sécurisation des zones de culture et un appui accru aux familles affectées par les conflits.
« La question de la terre est devenue un véritable enjeu de survie pour plusieurs familles. Sans accès aux champs, les populations perdent leur principale source de nourriture et de revenus. Il faut des solutions qui permettent aux agriculteurs de retourner travailler en toute sécurité », plaident des acteurs locaux impliqués dans l’accompagnement des communautés.
Malgré ces difficultés, plusieurs habitants de Kiwanja continuent d’exprimer leur volonté de reprendre les activités agricoles, considérées comme essentielles pour reconstruire leurs moyens de subsistance et renforcer la résilience des communautés.
Dans un contexte où la situation sécuritaire demeure fragile dans plusieurs zones du territoire de Rutshuru, la question de l’accès à la terre reste ainsi au cœur des préoccupations des populations, qui appellent à des mesures durables pour préserver la production agricole et éviter une aggravation de l’insécurité alimentaire.
Constat de MWENGE KAKE