RDC : UN DÉBAT RELANCÉ ENTRE RÉVISION ET MAINTIEN DE LA CONSTITUTION.

RDC : UN DÉBAT RELANCÉ ENTRE RÉVISION ET MAINTIEN DE LA CONSTITUTION.

Le débat sur la révision de la Constitution en RDC oppose juristes et acteurs politiques entre ceux qui réclament des ajustements du texte et ceux qui estiment que le problème relève plutôt de la gestion des hommes.

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Yassin K.

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La question de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo suscite un vif débat entre juristes, politologues et acteurs politiques, mettant en lumière les enjeux réels ainsi que les tensions autour de l’avenir institutionnel du pays.

Interrogé sur les aspects techniques nécessitant un ajustement de la loi fondamentale, le professeur et expert congolais des constitutions, Dieudonné Kaluba Dibwe, enseignant de droit constitutionnel à l’UCG, estime que « cette Constitution ne nous ressemble pas, elle est contre nature en ce sens qu’elle accorde un pouvoir partiel au Président ». Selon lui, certaines matières relèvent exclusivement des provinces, limitant l’intervention du chef de l’État, alors que, dans l’imaginaire collectif, le Président est perçu comme détenant l’ensemble des pouvoirs dans la conduite de la politique nationale, tant au niveau central que provincial. Il met ainsi en évidence plusieurs failles de l’actuelle Constitution, renforçant l’idée d’une révision ou d’un changement de la loi fondamentale.

Dans une interview accordée à la RTEE Kivu, l’ancien président de la Cour constitutionnelle insiste sur la nécessité d’une réflexion approfondie autour de ces limites institutionnelles. Ses analyses alimentent les arguments de ceux qui plaident pour une adaptation du texte constitutionnel aux réalités politiques et sociales du pays.

Cependant, cette position n’est pas partagée par tous. Le politologue Marley Vuvu, fondateur du Mouvement Jeunesse Révolutionnaire, s’oppose fermement à toute modification de la Constitution. Il soutient la proposition de Bahati Lukwebo, estimant que les véritables défis du pays ne résident pas dans le texte constitutionnel, mais plutôt dans la gestion des hommes et des institutions. Pour lui, « il y a un problème d’homme et non un problème de texte », relativisant ainsi la nécessité d’une révision constitutionnelle.

Ainsi, le débat demeure ouvert entre les partisans d’un réexamen profond de la Constitution et ceux qui prônent le maintien de la loi fondamentale actuelle, illustrant les divergences de vision sur la gouvernance et l’organisation des pouvoirs en RDC.

Par Yassin KATSINGE

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