RDC : majorité et opposition divisées sur l’opportunité d’un dialogue national inclusif pour régler les questions politiques

RDC : majorité et opposition divisées sur l’opportunité d’un dialogue national inclusif pour régler les questions politiques

Alors que l’Est du pays reste confronté à une crise sécuritaire persistante, le débat sur un dialogue national continue de cristalliser les divergences entre les acteurs politiques

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Ghislain Lukambo

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L’idée d’un dialogue national inclusif continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise. Alors que l’opposition considère cette démarche comme un passage obligé pour résoudre les multiples crises qui secouent la République démocratique du Congo, la majorité présidentielle estime qu’une telle initiative ne peut intervenir qu’après la fin de l’agression extérieure dénoncée par les autorités.

Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les tensions politiques et les défis socio-économiques, plusieurs voix de l’opposition plaident pour l’organisation d’un cadre national de concertation réunissant l’ensemble des forces vives de la nation.

Au Nord-Kivu, Héritier Mukama, secrétaire exécutif de l’ECiDé, estime que les Congolais doivent se retrouver autour d’une même table afin de rechercher des solutions consensuelles aux problèmes du pays.

« La RDC traverse aujourd’hui une période particulièrement difficile. Les défis sécuritaires, économiques et politiques exigent une réponse collective. Aucun camp politique ne détient à lui seul toutes les solutions. Un dialogue national inclusif permettrait aux Congolais de confronter leurs idées, d’identifier les causes profondes des crises actuelles et de construire ensemble des mécanismes durables de sortie de crise », soutient-il.

Cette position est cependant loin de faire l’unanimité. Du côté du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’heure est d’abord à la défense de la souveraineté nationale.

Pour Lwanzo Kasonia, cadre du parti au pouvoir au Nord-Kivu, le dialogue n’est pas rejeté dans son principe, mais son organisation doit tenir compte du contexte sécuritaire.

« L’UDPS n’a jamais fermé la porte au dialogue. Cependant, il serait difficile d’engager un processus de cette ampleur alors que notre pays fait face à une agression qui menace son intégrité territoriale. La priorité immédiate reste la restauration de la paix et la neutralisation des forces qui déstabilisent l’Est de la RDC. Une fois cette étape franchie, les Congolais pourront se retrouver pour discuter de l’avenir du pays dans un climat plus serein », explique-t-il.

Le responsable insiste également sur la nécessité de veiller à ce que les éventuels participants à un dialogue national ne soient liés à aucun acteur impliqué dans les violences qui frappent le pays.

Ces positions illustrent la profondeur des divergences qui subsistent quant aux conditions d’organisation d’un dialogue national, alors que la recherche de solutions à la crise sécuritaire demeure au cœur des préoccupations des Congolais.

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