RDC : Robert Buhendwa dénonce un « scandale désolant » après l’adoption au Sénat de la loi sur l’organisation du référendum

RDC : Robert Buhendwa dénonce un « scandale désolant » après l’adoption au Sénat de la loi sur l’organisation du référendum

Le proche collaborateur du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege estime qu’un référendum est inconcevable alors qu’une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reste sous le contrôle de l’AFC/M23, privant de nombreux citoyens de leur droit de participation.

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Ghislain Lukambo

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L’adoption, le 15 juin dernier, par le Sénat de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Parmi les voix critiques figure celle de Robert Buhendwa, proche collaborateur du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, qui qualifie cette initiative de « scandale désolant » dans le contexte sécuritaire actuel du pays.

Dans un entretien accordé au téléphone à Eugide Abalawi, Robert Buhendwa a exprimé sa profonde inquiétude face à l’éventualité de l’organisation d’un référendum alors que plusieurs entités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu échappent encore au contrôle de l’État congolais et demeurent sous l’influence de l’AFC/M23. Selon lui, une telle démarche risquerait d’exclure une partie importante de la population du processus démocratique et de remettre en question la légitimité même des résultats qui pourraient en découler.

« Nous considérons cette démarche comme un scandale désolant et une initiative particulièrement préoccupante dans le contexte actuel de notre pays. Comment peut-on envisager l’organisation d’un référendum national alors qu’une partie importante des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est encore occupée et que des milliers de nos compatriotes vivent sous la menace des armes ou dans des camps de déplacés ? Le référendum est un exercice de souveraineté populaire qui exige la participation de tous les citoyens. Si une partie de la population est privée de son droit de vote ou de son droit de s’exprimer librement, alors nous nous éloignons des principes fondamentaux de la démocratie et de l’inclusivité », a déclaré Robert Buhendwa.

Le proche collaborateur de Denis Mukwege estime par ailleurs que la priorité des institutions devrait être la restauration de la paix, la sécurisation de l’ensemble du territoire national et le retour des populations déplacées dans leurs milieux de vie respectifs avant toute initiative de consultation populaire à caractère national.

Selon lui, la tenue d’un référendum dans les circonstances actuelles pourrait accentuer les fractures politiques et sociales, au lieu de renforcer la cohésion nationale. Il appelle ainsi à un débat national plus approfondi et à une prise en compte des réalités sécuritaires de l’Est du pays.

« Le peuple congolais doit mesurer les enjeux de cette proposition et s’opposer à tout projet susceptible de mettre en péril l’unité nationale et la cohésion du pays. Nous ne pouvons pas accepter qu’une décision aussi importante soit prise alors que des millions de Congolais vivant dans les zones de conflit risquent de ne pas participer au processus. La paix, la réunification effective du territoire national et la garantie des droits politiques de tous les citoyens doivent constituer des préalables indispensables. Le référendum ne peut être un instrument de division ou d’exclusion ; il doit être un moment de rassemblement national où chaque Congolais, où qu’il se trouve, peut librement exprimer sa volonté », a-t-il insisté.

L’adoption de la proposition de loi sur l’organisation du référendum ouvre ainsi un nouveau débat politique en République démocratique du Congo. Alors que ses partisans y voient un mécanisme constitutionnel permettant de consulter directement le peuple sur des questions d’intérêt national, ses détracteurs, à l’instar de Robert Buhendwa, estiment que le contexte sécuritaire et humanitaire actuel ne réunit pas les conditions nécessaires à la tenue d’une consultation inclusive et crédible.

Eugide ABALAWI, depuis le Sud-Kivu

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