En République démocratique du Congo, le « Laboratoire communautaire » lance une initiative visant à faire des étudiants des acteurs de premier plan dans la recherche de solutions aux conflits qui affectent leurs communautés. À travers cette démarche, les jeunes chercheurs seront appelés à aller sur le terrain, notamment dans les écoles et les universités, pour identifier les tensions existantes, écouter les populations et recueillir des propositions directement issues des communautés.
L’initiative repose sur une approche participative : plutôt que de rechercher des réponses uniquement au niveau institutionnel, le « Laboratoire communautaire » entend donner la parole aux communautés elles-mêmes et permettre aux étudiants de documenter les réalités auxquelles elles sont confrontées.
Sur le terrain, les étudiants auront notamment pour mission d’observer les facteurs susceptibles d’alimenter les tensions, d’échanger avec les différents acteurs communautaires et de recueillir leurs expériences et propositions. Les informations collectées devraient ensuite contribuer à faire émerger des pistes de solutions adaptées aux réalités locales.
L’objectif affiché est de transformer ces recherches en propositions concrètes susceptibles de contribuer à la prévention des conflits, au dialogue entre les communautés et au renforcement d’une culture de paix en République démocratique du Congo.
Claudine Byamungu, coordinatrice du « Laboratoire communautaire », explique au micro d’Eugide Abalawi la vision portée par cette initiative :
« Nous voulons placer les étudiants au cœur de la recherche des solutions aux conflits qui existent dans leurs propres communautés, parce que nous estimons qu’ils ont un rôle important à jouer dans la construction de la paix. Ils vont aller sur le terrain, dans les écoles, dans les universités et au sein des différentes communautés, pour essayer de comprendre les tensions qui existent, mais surtout pour écouter les personnes concernées. Il ne s’agit pas simplement de constater qu’il y a un conflit, mais de chercher à comprendre ses causes, ses manifestations et les conséquences qu’il produit sur la communauté. Les étudiants vont également recueillir les propositions qui viennent de la base, parce que les populations ont souvent une connaissance très précise de leurs problèmes et peuvent aussi proposer des solutions adaptées à leur réalité. Notre ambition est de transformer toutes ces informations en propositions concrètes et pacifiques qui pourront contribuer à prévenir les conflits et à renforcer la cohésion sociale. Nous voulons que les jeunes comprennent qu’ils ne sont pas seulement des observateurs des crises qui touchent notre pays, mais qu’ils peuvent devenir de véritables acteurs de changement et participer à la construction d’une paix durable en République démocratique du Congo », explique Claudine Byamungu.
Cette initiative entend ainsi rapprocher la recherche universitaire des réalités vécues par les communautés. En impliquant directement les étudiants dans la collecte d’informations et la recherche de solutions, le « Laboratoire communautaire » mise sur la jeunesse et sur les connaissances produites localement pour renforcer les mécanismes de prévention des conflits.
La démarche pourrait également permettre de créer un espace de dialogue entre les étudiants, les communautés et les différents acteurs impliqués dans la consolidation de la paix, avec l’ambition de faire émerger des réponses ancrées dans les réalités locales.
Eugide Abalawi, depuis le Sud-Kivu