La communauté internationale célèbre ce samedi 29 août 2026 la Journée internationale contre les essais nucléaires. Cette journée vise notamment à rappeler les conséquences dévastatrices des explosions nucléaires et à encourager les États à signer et ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, afin de parvenir à un monde où aucun nouvel essai nucléaire ne serait réalisé.
À Butembo, cette commémoration a été l’occasion de revenir sur la nature des essais nucléaires, leurs différentes applications ainsi que les risques qu’ils représentent pour l’environnement et la santé humaine. Rencontré par la RTEE Kivu, le chimiste et chef de travaux Télésphore Nzilamba explique que ces essais consistent en des réactions nucléaires provoquées volontairement afin d’en observer les effets.
Selon cet enseignant de l’Institut Supérieur de Chimie Appliquée, ISCA Butembo, les technologies nucléaires peuvent présenter des applications utiles, notamment dans la production d’énergie et dans certains domaines scientifiques. Toutefois, les essais nucléaires peuvent également entraîner des conséquences graves et durables, particulièrement en raison des radiations et de leurs effets sur les populations et l’environnement.
Télésphore Nzilamba revient sur les enjeux liés aux essais nucléaires et explique pourquoi leur interdiction demeure une nécessité à l’échelle mondiale :
« Lorsqu’on parle des essais nucléaires, il faut comprendre qu’il s’agit d’expériences réalisées pour provoquer et observer les effets d’une réaction nucléaire. La technologie nucléaire peut avoir des applications positives, notamment dans la production de l’électricité, dans la recherche scientifique et dans plusieurs autres domaines qui nécessitent une grande quantité d’énergie. Mais lorsqu’elle est utilisée dans le cadre des essais d’armes nucléaires, les conséquences peuvent être extrêmement dangereuses. Les explosions libèrent des radiations qui peuvent affecter les personnes, contaminer l’environnement et laisser des conséquences pendant plusieurs années. C’est pour cette raison que la communauté internationale doit continuer à lutter contre les essais nucléaires et à promouvoir leur interdiction. Il ne suffit pas seulement de parler des dangers au moment où un essai est réalisé : il faut également penser aux générations futures, parce que certaines conséquences des radiations peuvent se manifester longtemps après l’exposition. L’histoire nous montre d’ailleurs que plusieurs populations ont payé un lourd tribut à cause de ces expérimentations. La meilleure utilisation de la technologie nucléaire doit donc être orientée vers des objectifs pacifiques et bénéfiques pour l’humanité, et non vers la production ou l’expérimentation d’armes capables de détruire des populations entières. »
Le chimiste rappelle notamment le cas du polygone de Semipalatinsk, au Kazakhstan, considéré comme l’un des principaux sites d’essais nucléaires de l’histoire. Sa fermeture, intervenue le 29 août 1991, est à l’origine de la date retenue pour cette journée internationale.

Chef des travaux Télésphore Nzilamba dans le laboratoire de l'ISCA
Durant environ quatre décennies, 456 explosions nucléaires y auraient été réalisées, exposant plus d’un million de personnes aux radiations et laissant des conséquences sanitaires et environnementales durables.
Ce n’est que le 2 décembre 2009 que l’Assemblée générale des Nations unies a officiellement proclamé le 29 août Journée internationale contre les essais nucléaires. Cette commémoration vise depuis lors à renforcer la sensibilisation sur les dangers liés aux essais nucléaires et à encourager les efforts en faveur de leur interdiction complète.
Babacar Vikwa depuis Butembo