Depuis la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, Maître Isaac Katsuva Mutanga, président national du parti politique centriste Nouveau Congo, s’est opposé à toute perspective de révision constitutionnelle portant sur la limitation des mandats présidentiels. Pour cet acteur politique, le souverain primaire s’est déjà clairement prononcé à travers les dispositions actuelles de la Constitution congolaise.
Selon lui, le texte fondamental de la République démocratique du Congo est sans ambiguïté concernant la durée et le renouvellement du mandat présidentiel. Il rappelle que la Constitution prévoit un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois, disposition qui s’était déjà appliquée à l’ancien président Joseph Kabila avant l’alternance politique de 2019.
Dans sa lecture politique et juridique de la situation actuelle, Isaac Katsuva Mutanga estime qu’ouvrir le débat sur un troisième mandat dans un contexte de guerre risque d’accentuer davantage les tensions au sein du pays.
« Le peuple congolais a déjà tranché à travers la Constitution. Ce débat ne devrait même plus exister parce que la volonté populaire s’est déjà exprimée clairement dans le texte fondamental », a déclaré Maître Isaac Katsuva Mutanga.
Le président du parti Nouveau Congo évoque également l’intangibilité de la Constitution pendant une période de guerre. Selon lui, les dispositions constitutionnelles congolaises limitent toute possibilité de modification dans un contexte où une partie du territoire national reste confrontée à l’occupation de groupes armés et aux violences sécuritaires persistantes dans l’Est du pays.
Alors que plusieurs acteurs politiques et sociaux réclament l’organisation d’un dialogue intercongolais afin d’apaiser les tensions, Maître Isaac Katsuva Mutanga prévient contre toute tentative de passage en force autour de cette question sensible.
« Organiser un référendum dans un pays en guerre et dont une partie du territoire est encore sous menace sécuritaire relève pratiquement de l’impossible. Les priorités nationales aujourd’hui devraient être la paix, la sécurité et la stabilité », a-t-il soutenu.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique particulièrement tendu où les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle divisent déjà la classe politique congolaise, entre partisans d’un changement du système institutionnel et défenseurs du respect strict des dispositions actuelles de la Constitution.