L'ASBL Citoyen Inconnu estime que toute initiative visant à engager une révision de la Constitution devrait être précédée d'un dialogue national inclusif réunissant les différentes composantes de la nation. Son coordonnateur national, Awazi Nengo Meme, considère qu'une démarche engagée avant la tenue de telles concertations risquerait d'alimenter de nouvelles contestations et d'exacerber les tensions politiques dans le pays. L'organisation appelle ainsi à privilégier une approche consensuelle afin de préserver la stabilité institutionnelle et la cohésion nationale.
Au cours d'une déclaration, Awazi Nengo Meme a exprimé les réserves de son organisation quant à l'opportunité d'ouvrir le débat sur une éventuelle révision de la Constitution dans le contexte politique actuel. Selon lui, le Parlement devrait, le moment venu, recourir à une méthode qu'il qualifie de « propre » et respectueuse du principe de souveraineté populaire, afin de garantir la légitimité du processus.
Pour le coordonnateur national de l'ASBL Citoyen Inconnu, toute initiative entreprise en dehors d'un cadre de dialogue national inclusif pourrait susciter des contestations et créer un climat de méfiance susceptible de fragiliser davantage les institutions.
« Nous pensons que la question de la révision constitutionnelle est trop importante pour être abordée sans un large consensus national. Avant toute démarche parlementaire, il est indispensable de réunir les filles et les fils de la République démocratique du Congo dans le cadre d'un dialogue inclusif. Une réforme de cette ampleur ne peut produire les effets attendus que si elle bénéficie d'une adhésion nationale et d'une démarche transparente. Dans le cas contraire, elle risque d'être perçue comme un processus imposé et de nourrir de nouvelles contestations. », a déclaré Awazi Nengo Meme.
L'organisation estime que les discussions sur l'avenir des institutions devraient être précédées d'un débat national permettant aux différentes sensibilités politiques, sociales et citoyennes d'exprimer leurs préoccupations et leurs propositions.
Selon Awazi Nengo Meme, certaines initiatives récentes, notamment la déclaration commune des présidents des Assemblées provinciales à l'issue de leur troisième conférence tenue à Kinshasa, illustrent la nécessité de privilégier une approche davantage concertée autour des questions institutionnelles.
« Notre préoccupation est de voir la République démocratique du Congo éviter une nouvelle crise politique. Toute réforme constitutionnelle doit être menée dans un esprit de dialogue, de responsabilité et de recherche du consensus. Le souverain primaire, c'est le peuple, et il doit être pleinement associé à toutes les grandes décisions qui engagent l'avenir du pays. C'est seulement dans ces conditions que les réformes pourront contribuer durablement à la stabilité et à la consolidation de l'État de droit. », a-t-il ajouté.
L'ASBL Citoyen Inconnu affirme ainsi privilégier une démarche progressive, fondée sur le dialogue et la participation citoyenne, avant toute initiative visant à modifier la loi fondamentale. Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue de susciter des prises de position divergentes au sein de la classe politique et de la société civile. Si certains acteurs estiment que certaines dispositions de la Constitution méritent d'être adaptées à l'évolution du contexte national, d'autres plaident pour un large consensus préalable afin d'éviter toute crispation politique.
Dans ce contexte, l'organisation appelle les institutions de la République, les forces politiques et les organisations de la société civile à favoriser les mécanismes de concertation et de dialogue afin que toute réforme institutionnelle éventuelle se déroule dans un climat apaisé et conforme aux principes démocratiques.
Reportage Enzale Balewa depuis Kindu