Les personnes âgées, les femmes et les enfants figurent parmi les catégories les plus vulnérables. Face à l'aggravation de leur situation, ils appellent les autorités et les organisations humanitaires à une assistance urgente.
La situation humanitaire des déplacés et retournés de guerre installés dans la plaine de la Ruzizi devient de plus en plus préoccupante. Après avoir fui les violences armées dans différentes localités du Sud-Kivu, de nombreuses familles tentent de reconstruire leur vie dans cette région, mais se heurtent à d'immenses difficultés liées au manque de moyens de subsistance et à l'absence d'une assistance suffisante.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les besoins les plus urgents concernent l'accès à la nourriture, aux soins de santé et à des abris décents. Nombre de familles vivent dans des habitations de fortune faites de bâches et de matériaux de récupération, insuffisantes pour les protéger des intempéries et des conditions climatiques parfois difficiles.
La question alimentaire est particulièrement préoccupante. Faute de ressources et d'activités génératrices de revenus, de nombreuses familles ne parviennent plus à assurer les repas quotidiens. Certains ménages affirment passer plusieurs journées avec un seul repas, voire sans nourriture, exposant particulièrement les enfants à des risques de malnutrition.
À cette insécurité alimentaire s'ajoute l'accès limité aux soins de santé. Les structures sanitaires disponibles dans la région sont souvent éloignées ou inaccessibles financièrement pour ces populations déjà fragilisées par les déplacements successifs. Des cas de maladies courantes, de fièvres et d'infections sont régulièrement signalés, sans que les malades puissent bénéficier d'une prise en charge adéquate.
Les personnes âgées et les enfants apparaissent comme les principales victimes de cette crise humanitaire. Faibles physiquement et dépourvus de moyens de subsistance, plusieurs personnes du troisième âge dépendent entièrement de la solidarité communautaire pour survivre. Quant aux enfants, ils sont exposés à la faim, aux maladies et, dans certains cas, à l'interruption de leur scolarité.
« Nous vivons dans une situation très difficile. Nous n'avons pas suffisamment à manger, plusieurs personnes sont malades et nous n'avons pas de moyens pour nous faire soigner. Nos enfants souffrent et les personnes âgées sont abandonnées à elles-mêmes. Nous demandons de l'aide avant qu'il ne soit trop tard », a témoigné l'un des déplacés joint au téléphone par la rédaction de la RTEE.
Selon des acteurs communautaires, la situation risque de se détériorer davantage si une réponse humanitaire rapide n'est pas apportée. Ils plaident pour une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires afin de répondre aux besoins prioritaires de ces populations affectées par les conséquences de la guerre.
« Ces familles ont déjà tout perdu à cause des conflits. Aujourd'hui, elles ont besoin d'une assistance immédiate en nourriture, en soins médicaux et en abris. La solidarité nationale et internationale est indispensable pour leur permettre de retrouver des conditions de vie dignes », souligne un acteur local de la plaine de la Ruzizi.
La crise des déplacés et retournés de la plaine de la Ruzizi illustre une nouvelle fois l'ampleur des défis humanitaires auxquels demeure confrontée la province du Sud-Kivu. Entre déplacements forcés, insécurité persistante et insuffisance de l'assistance, des milliers de personnes continuent de vivre dans une extrême vulnérabilité, dans l'attente d'une réponse susceptible de soulager leur souffrance et de leur redonner espoir.
Par Eugide Abalawi, pour la RTEE.