Le Secrétaire général des Nations unies alerte sur les risques liés à l’usage de l’IA par les mineurs et exhorte les entreprises technologiques à intégrer la sécurité des enfants dans la conception de leurs outils.
L’essor rapide de l’intelligence artificielle continue de susciter des inquiétudes au niveau international, notamment concernant son utilisation par les enfants. Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, appelle à la mise en place de mécanismes de contrôle plus stricts avant le déploiement d’outils d’intelligence artificielle accessibles aux mineurs. Selon lui, les avancées technologiques offrent d’importantes opportunités dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la recherche et l’accès à l’information. Toutefois, il estime que l’utilisation non encadrée de certains systèmes d’intelligence artificielle peut exposer les enfants à plusieurs dangers, notamment la manipulation, l’exposition à des contenus inappropriés, la désinformation ou encore l’exploitation de leurs données personnelles.
Le responsable onusien insiste ainsi sur la nécessité d’une approche préventive, basée sur la protection des droits de l’enfant et la responsabilité des acteurs technologiques.
« L’intelligence artificielle possède un potentiel immense pour améliorer la vie des populations, y compris celle des enfants, en facilitant l’apprentissage et l’accès aux connaissances. Mais nous devons également reconnaître les risques qui accompagnent cette évolution rapide. Les enfants sont parmi les utilisateurs les plus vulnérables des technologies numériques et ils ont besoin d’une protection particulière. Les entreprises qui développent ces outils doivent intégrer la sécurité des enfants dès la conception de leurs systèmes et non après l’apparition des problèmes. La protection des mineurs doit être une priorité absolue dans l’innovation technologique. », a déclaré António Guterres.
Face à ces enjeux, le Secrétaire général de l’ONU encourage les gouvernements, les entreprises technologiques, les éducateurs et les organisations de protection de l’enfance à renforcer leur collaboration afin d’établir des règles communes. Il appelle notamment à développer des systèmes capables d’identifier et de limiter les usages dangereux de l’intelligence artificielle, tout en garantissant aux enfants un accès sécurisé aux avantages de cette technologie.
« Nous devons construire un environnement numérique où l’innovation et la protection vont de pair. L’intelligence artificielle ne doit pas devenir une source supplémentaire de vulnérabilité pour les enfants. Les États doivent adopter des cadres réglementaires adaptés, les entreprises doivent agir de manière responsable et les familles ainsi que les éducateurs doivent être accompagnés pour mieux comprendre ces nouveaux outils. Notre objectif doit être de faire en sorte que l’intelligence artificielle serve l’intérêt des enfants et contribue à leur développement plutôt qu’à leur exposer à de nouveaux risques. », a ajouté le Secrétaire général des Nations unies.
Cette alerte intervient alors que l’intelligence artificielle générative connaît une expansion mondiale rapide, avec une utilisation croissante dans les écoles, les plateformes numériques et les applications accessibles au grand public.
Pour les Nations unies, l’enjeu consiste désormais à trouver un équilibre entre l’innovation technologique et la protection des utilisateurs les plus vulnérables, en particulier les enfants.
Salomon Kwiraviwe depuis Goma