Masisi : l'insécurité contraint plus de sept écoles à se replier vers Masisi-centre

Masisi : l'insécurité contraint plus de sept écoles à se replier vers Masisi-centre

Y

Yassin K.

66 0

L'insécurité continue de perturber lourdement le fonctionnement du système éducatif dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Pour l'année scolaire 2026-2027, plus de sept écoles primaires et secondaires des axes Muhondo, Shoa, Kazinga et Miyano ont été contraintes d'abandonner leurs bâtiments habituels pour se replier à Masisi-centre. Ce déplacement expose désormais des centaines d'élèves à des conditions d'apprentissage difficiles, marquées notamment par l'insuffisance des salles de classe et le manque de matériel scolaire.

Arrivées à Masisi-centre dans un contexte de précipitation, ces écoles doivent poursuivre les enseignements dans des espaces qui ne sont pas toujours adaptés à leur effectif. La concentration de plusieurs établissements dans cette zone entraîne une pression supplémentaire sur les infrastructures scolaires disponibles. Des élèves, brusquement éloignés de leur milieu habituel, doivent également s'adapter à un nouvel environnement, alors que les responsables des écoles tentent de maintenir les cours malgré le manque de moyens.

Cette situation intervient au début de l'année scolaire 2026-2027 et fait craindre une dégradation des conditions d'apprentissage pour les enfants concernés. Les responsables scolaires font face à plusieurs difficultés : disponibilité limitée des salles de classe, insuffisance de fournitures et de mobilier scolaires, mais aussi nécessité d'organiser les enseignements pour des élèves venus de différentes localités touchées par l'insécurité.

Un responsable d'une de ces écoles déplacées, interrogé ce mercredi 23 septembre par notre correspondant Mwenge Kake, décrit une situation particulièrement difficile pour les établissements contraints de fonctionner loin de leurs sites habituels. Il appelle à un soutien rapide afin de permettre aux enseignants et aux élèves de poursuivre les activités scolaires dans des conditions plus acceptables.

« Nous sommes venus ici parce que la situation sécuritaire ne nous permettait plus de fonctionner normalement dans notre milieu d'origine. Mais une fois arrivés à Masisi-centre, nous avons trouvé d'autres difficultés. Les salles disponibles sont insuffisantes par rapport au nombre d'élèves, nous manquons du matériel scolaire et les enfants ont eux-mêmes besoin de temps pour s'adapter à ce nouvel environnement. Nous faisons tout notre possible pour que les cours continuent, mais nos moyens restent très limités », témoigne le responsable d'un établissement scolaire déplacé.

Au-delà des infrastructures, le déplacement de ces écoles pose également la question de la continuité pédagogique pour les élèves ayant quitté leurs communautés. Les acteurs de l'éducation dans la zone appellent ainsi les autorités provinciales et les partenaires humanitaires à intervenir rapidement en faveur de ces établissements, avec un appui en salles de classe, mobilier, fournitures et autres équipements nécessaires au fonctionnement des écoles.

Pour les responsables éducatifs, maintenir les enfants à l'école malgré les déplacements liés à l'insécurité constitue un enjeu majeur. Ils estiment qu'un accompagnement adapté permettrait de limiter les conséquences de ces déplacements sur la scolarité et d'éviter que les enfants affectés ne prennent davantage de retard dans leur parcours scolaire.

La situation de ces établissements rappelle ainsi les conséquences directes de l'insécurité sur l'éducation dans le territoire de Masisi, où des écoles entières se retrouvent contraintes de se déplacer pour permettre aux élèves de continuer à apprendre. Les responsables scolaires espèrent désormais une mobilisation rapide des autorités et des partenaires afin d'améliorer les conditions d'accueil et d'enseignement à Masisi-centre.

Mwenge Kake, depuis Masisi

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

Articles similaires