Alors que la gratuité de l’enseignement primaire est en vigueur en République démocratique du Congo, des inquiétudes émergent à Butembo autour de contributions financières qui seraient demandées à certains parents pour la fabrication de pupitres. Sur le terrain, des montants de 5 dollars américains, voire davantage, sont évoqués. Des responsables d’établissements primaires interrogés par RTEE Kivu rejettent toutefois les accusations selon lesquelles ces sommes seraient imposées aux parents.
Une directrice d’école, qui a requis l’anonymat, affirme qu’aucun frais obligatoire n’est exigé pour la fabrication de pupitres. Selon elle, l’initiative émane plutôt du comité des parents (COPA), qui aurait décidé d’organiser une contribution volontaire afin de renforcer le mobilier scolaire, devenu insuffisant au regard du nombre d’élèves inscrits.
« Aucun frais n’est imposé aux parents pour la fabrication des pupitres. Ce sont les parents réunis au sein du comité qui ont pris l’initiative de contribuer volontairement afin de répondre au manque de mobilier dans les salles de classe. », explique cette responsable scolaire dans une formulation proposée à partir de ses déclarations.
D’après notre interlocutrice, cette démarche commence à produire des résultats. Vingt-cinq pupitres auraient déjà été fabriqués et mis à la disposition des élèves. Malgré cette avancée, les besoins restent importants, notamment en raison des effectifs élevés dans les salles de classe et de la nécessité d’améliorer les conditions d’apprentissage.
« Grâce à cette initiative des parents, nous disposons déjà de 25 pupitres supplémentaires. Les besoins restent néanmoins importants. Nous tenons aussi à préciser qu’aucun enfant ne sera renvoyé de l’école pour n’avoir pas participé à cette contribution volontaire décidée par le comité des parents. », précise-t-elle dans une seconde formulation à vérifier à partir de l’enregistrement.
Cette mise au point relance la question des conditions matérielles dans lesquelles fonctionne l’enseignement primaire à Butembo. Si les contributions volontaires peuvent aider les établissements à combler certains besoins, leur caractère non obligatoire doit être clairement expliqué aux parents afin d’éviter toute confusion avec des frais scolaires imposés.
Esperanza Sindani et Ange Kavuya, à Butembo