Après l’incendie d’une locomotive de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) ayant entraîné la destruction des marchandises des clients en partance vers Kalemie, des voix s’élèvent à Kindu pour alerter sur les risques liés à l’occupation anarchique des espaces ferroviaires. Les habitants interpellent les autorités sur la nécessité de protéger les installations de la SNCC et de prévenir d’éventuels accidents majeurs.
L’accident ferroviaire survenu au niveau de Lwema, impliquant une locomotive de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), continue de susciter des réactions dans la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema. Cet incident, qui a provoqué l’incendie de la locomotive et réduit en cendres plusieurs marchandises appartenant aux clients qui se rendaient vers Kalemie, remet au centre du débat la question de la sécurisation des installations ferroviaires dans cette partie du pays. Au-delà des dégâts matériels enregistrés, certains habitants de Kindu estiment que cet événement doit servir d’alerte sur les dangers liés à l’occupation progressive des emprises ferroviaires. Ils pointent notamment du doigt la multiplication des constructions anarchiques autour des infrastructures de la SNCC et des installations aéroportuaires, une situation qui, selon eux, se déroule au vu et au su des autorités compétentes.
Ces citoyens dénoncent particulièrement le rôle des services chargés de la gestion foncière, notamment les services des titres immobiliers et du cadastre, accusés de laisser prospérer des occupations qui ne respectent pas les normes urbanistiques et les exigences de sécurité liées aux activités ferroviaires.
Selon leurs observations, certaines habitations et constructions se rapprochent dangereusement des voies ferrées, réduisant les espaces de sécurité nécessaires à la circulation des locomotives et augmentant les risques d'accidents. Ils estiment qu’une intervention rapide des autorités s’impose afin d’éviter qu’un drame plus grave ne survienne à l’avenir.
Pour plusieurs habitants, la prévention doit primer sur la réaction après les catastrophes. Ils appellent ainsi la direction de la SNCC à engager des actions visant à libérer les emprises ferroviaires occupées illégalement, mais aussi à renforcer l’entretien régulier des infrastructures, notamment les voies ferrées envahies par la terre et la végétation.
« L’accident qui vient de se produire doit interpeller tout le monde. Il ne faut pas attendre qu’il y ait des pertes en vies humaines pour agir. Aujourd’hui, les installations ferroviaires sont progressivement envahies par des constructions qui ne respectent aucune norme de sécurité. Les locomotives circulent dans des conditions difficiles, alors que les espaces prévus pour leur fonctionnement doivent être protégés. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités avant qu’un accident plus grave ne se produise », a déclaré un habitant de Kindu.
Ce dernier estime également que la SNCC doit bénéficier d’un accompagnement institutionnel afin de moderniser ses infrastructures et améliorer les conditions d’exploitation du réseau ferroviaire. Selon lui, la réhabilitation des voies ferrées, le désengorgement des emprises et le contrôle des constructions autour des installations constituent des mesures urgentes pour garantir la sécurité des usagers et des populations riveraines.
« La SNCC ne peut pas fonctionner normalement si son espace ferroviaire est occupé de manière anarchique et si les rails ne sont pas régulièrement entretenus. Les autorités provinciales, les services fonciers et les responsables de la société ferroviaire doivent travailler ensemble pour trouver des solutions durables. Il vaut mieux prévenir que guérir, car un accident ferroviaire majeur pourrait avoir des conséquences beaucoup plus graves pour la population de Kindu », a ajouté cet habitant.
Face à ces préoccupations, les habitants appellent à une action concertée entre les autorités provinciales, les services techniques de l’État et la direction de la SNCC afin de préserver les infrastructures ferroviaires, garantir la sécurité des voyageurs et permettre à la société nationale de poursuivre ses activités dans de meilleures conditions.
Une observation recueillie par notre correspondant dans la région.
Alumba Roger depuis Kindu