Maniema : les enseignants de l'ESU de Kindu dénoncent une vague de braquages et menacent de suspendre les cours

Maniema : les enseignants de l'ESU de Kindu dénoncent une vague de braquages et menacent de suspendre les cours

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Ghislain Lukambo

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L'insécurité prend une ampleur inquiétante à Kindu, dans la province du Maniema. De plus en plus d'enseignants de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) sont victimes d'attaques à main armée à leurs domiciles. Face à cette recrudescence des braquages, le comité syndical de l'Université de Kindu appelle les autorités à agir sans délai et n'exclut pas une suspension des activités académiques si des mesures de sécurité ne sont pas prises.

L'inquiétude grandit au sein de la communauté universitaire de Kindu. Les enseignants des différentes institutions de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) affirment être devenus des cibles privilégiées des bandits à main armée qui multiplient les incursions dans leurs résidences. Selon plusieurs témoignages, ces actes de criminalité se répètent à un rythme alarmant, plongeant les enseignants et leurs familles dans un climat permanent de peur et d'insécurité. Le dernier cas signalé concerne le domicile du chef des travaux Junior Manyota. Des hommes armés y ont fait irruption, provoquant une vive tension. Au cours de cet incident, un étudiant présent sur les lieux aurait tenté de désarmer un policier qui assurait la garde de l'enseignant. Les circonstances exactes de cette tentative n'ont pas encore été officiellement établies, mais cet épisode illustre le niveau de gravité de la situation sécuritaire dans la ville de Kindu.

Cette nouvelle attaque intervient quelques semaines seulement après d'autres braquages visant des enseignants de l'ESU. Les résidences de Jean Assani Kingombe Lemons et de Junior Manyota avaient déjà été visitées par des hommes armés aux petites heures du matin. Les assaillants avaient vandalisé les habitations avant de s'emparer de plusieurs biens de valeur, laissant derrière eux d'importants dégâts matériels et un profond sentiment d'insécurité.

Face à cette série d'agressions, le président du comité syndical des enseignants de l'Université de Kindu, le Dr Antoine Lofimbo, a convoqué une réunion d'urgence afin d'évaluer la situation et de dégager une position commune. À l'issue de cette rencontre, les enseignants ont exprimé leur vive préoccupation et appelé les autorités provinciales à renforcer les dispositifs de sécurité autour des établissements universitaires ainsi qu'aux domiciles des enseignants.

« Nous ne pouvons pas continuer à exercer notre métier dans un climat où chaque nuit devient une source d'angoisse. Les enseignants sont aujourd'hui pris pour cible par des individus armés qui opèrent presque en toute impunité. Nous demandons au Conseil provincial de sécurité et à toutes les autorités compétentes de prendre des mesures fortes pour protéger les enseignants, les étudiants et leurs familles. L'université ne peut fonctionner normalement lorsque ceux qui sont chargés de former la jeunesse vivent sous la menace permanente des armes », a déclaré le Dr Antoine Lofimbo.

Le comité syndical estime que cette recrudescence de l'insécurité compromet non seulement les conditions de travail des enseignants, mais aussi le bon déroulement des activités académiques. Selon ses responsables, le maintien d'un environnement sécurisé constitue une condition indispensable pour garantir la qualité de l'enseignement supérieur dans la province. Les enseignants exhortent également les services de sécurité à identifier les auteurs de ces braquages et à mettre fin au sentiment d'impunité qui favoriserait, selon eux, la répétition de ces actes criminels. Ils rappellent que la protection des établissements d'enseignement et de leurs personnels relève de la responsabilité de l'État.

« Si cette situation persiste et qu'aucune réponse concrète n'est apportée dans les meilleurs délais, nous serons contraints de suspendre les activités académiques. Notre objectif n'est pas de pénaliser les étudiants, mais nous refusons de continuer à enseigner au péril de nos vies. Nous voulons pouvoir exercer notre profession dans un environnement où la sécurité est garantie. Il appartient désormais aux autorités de prendre leurs responsabilités afin d'éviter que cette crise sécuritaire ne dégénère davantage », a ajouté le président du comité syndical.

Les enseignants de l'Université de Kindu espèrent désormais une réaction rapide des autorités provinciales et des membres du Conseil de sécurité afin que des mesures concrètes soient prises pour mettre un terme à cette série de braquages et rétablir un climat de sérénité au sein de la communauté universitaire.

Alumba Roger depuis Kindu

Tags : # Actualité # RDC

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