Les autorités congolaises, avec l'appui de plusieurs agences des Nations Unies, renforcent les initiatives visant à prévenir les conflits fonciers dans la commune rurale de Maluku, située à l'est de Kinshasa. Au centre de cette stratégie figure la promotion d'un dialogue communautaire inclusif, considéré comme un levier essentiel pour désamorcer les tensions liées à l'accès, à l'occupation et à la gestion des terres.
Dans cette partie de la capitale, où les enjeux fonciers se sont intensifiés au fil des années sous l'effet de la croissance démographique, de l'expansion urbaine et de la pression sur les terres, les différends entre communautés, propriétaires coutumiers, exploitants agricoles et nouveaux occupants sont devenus une préoccupation majeure. Ces litiges constituent régulièrement une source de tensions sociales susceptibles de compromettre la cohésion communautaire et le développement local.
Face à cette réalité, le Gouvernement congolais, en collaboration avec les agences des Nations Unies engagées dans la consolidation de la paix et le développement, mise sur une approche participative. Celle-ci consiste à associer les communautés locales, les autorités coutumières, les représentants des services de l'État, les organisations de la société civile, les femmes et les jeunes dans un processus permanent de concertation.
L'objectif est de permettre aux différentes parties prenantes d'exprimer leurs préoccupations, d'identifier les causes profondes des conflits fonciers et de rechercher, de manière consensuelle, des solutions durables favorisant une coexistence pacifique.
« La prévention des conflits fonciers ne peut réussir sans l'implication directe des communautés concernées. Les habitants connaissent les réalités de leur milieu et doivent participer activement aux décisions qui touchent à la gestion des terres. Le dialogue communautaire offre un espace où chacun peut faire entendre sa voix et contribuer à la recherche de solutions pacifiques avant que les différends ne dégénèrent en conflits ouverts. »
Les organisateurs estiment que cette démarche permettra également de renforcer la confiance entre les populations et les institutions publiques chargées de la gestion foncière. Des séances de sensibilisation, des consultations communautaires et des cadres de concertation sont ainsi organisés afin de promouvoir une meilleure compréhension des droits fonciers, des mécanismes de médiation et des procédures légales de règlement des litiges.
Les partenaires internationaux rappellent que la sécurisation de l'accès à la terre constitue un facteur déterminant pour la stabilité sociale, la sécurité alimentaire et le développement économique des communautés rurales. Ils soulignent que la prévention demeure moins coûteuse et plus efficace que la gestion des conflits une fois qu'ils éclatent.
« Notre ambition est de renforcer les mécanismes locaux de prévention des conflits en donnant aux communautés les moyens de dialoguer, de négocier et de résoudre leurs différends de manière pacifique. Lorsque les populations disposent d'espaces de concertation crédibles et inclusifs, les risques de violences diminuent considérablement et les solutions trouvées sont souvent plus durables. »
Au-delà de la médiation, cette initiative entend promouvoir une gouvernance foncière plus transparente et plus participative, où les décisions relatives à l'utilisation des terres tiennent compte des intérêts des différentes catégories sociales, notamment des femmes, des jeunes et des groupes les plus vulnérables. Les autorités congolaises réaffirment leur volonté de poursuivre ce partenariat avec les agences des Nations Unies afin de consolider la paix sociale dans les zones exposées aux conflits fonciers. Elles espèrent que l'expérience menée à Maluku pourra inspirer d'autres territoires confrontés aux mêmes défis.
« Le développement durable passe nécessairement par une gestion apaisée des ressources foncières. Nous devons construire une culture du dialogue, du respect mutuel et de la médiation afin de prévenir les tensions avant qu'elles ne mettent en péril la cohésion sociale. La participation des communautés est la clé d'une gouvernance foncière efficace et d'une paix durable. »
À travers cette initiative, les autorités et leurs partenaires entendent faire du dialogue communautaire un instrument privilégié de prévention des conflits et de consolidation de la paix, dans une commune où les questions foncières demeurent au cœur des préoccupations des populations.
John Kayumba, depuis Kinshasa.