Lubumbashi : le retour des « Chegués » dans les rues relance les inquiétudes sur la sécurité et la protection de l'enfance

Lubumbashi : le retour des « Chegués » dans les rues relance les inquiétudes sur la sécurité et la protection de l'enfance

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Ghislain Lukambo

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Quelques semaines après l'opération de déguerpissement menée à la veille de la visite du Président de la République à Lubumbashi, les enfants abandonnés communément appelés « Chegués » réinvestissent progressivement les principales artères et places publiques de la capitale du cuivre. Cette réapparition massive remet en question l'efficacité des mesures prises par les autorités provinciales et ravive les préoccupations liées à la sécurité publique ainsi qu'à la prise en charge des enfants en situation de rue.

Avant l'arrivée du Chef de l'État, le ministère provincial du Genre, Famille et Enfant, en collaboration avec plusieurs services techniques spécialisés dans la protection de l'enfance, avait lancé une vaste opération visant à retirer ces enfants des rues de Lubumbashi. L'objectif affiché était non seulement d'améliorer l'image de la ville, mais également d'assurer une meilleure protection sociale à ces mineurs vivant dans une grande précarité.

Cependant, à peine cette opération terminée, de nombreux habitants constatent un retour progressif, mais important, des enfants de la rue dans plusieurs endroits stratégiques de la ville. Les rassemblements sont de nouveau visibles au tunnel de la SNCC, devant l'ancien Palais de justice, à la Place de la Poste, notamment autour de la fontaine, au rond-point de la Liberté ainsi que le long des avenues Kamanyola, Adoula et Likasi.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces espaces connaissent quotidiennement une forte présence de groupes d'enfants qui sollicitent l'aumône auprès des passants ou errent dans les zones à forte affluence. Cette situation suscite une vive inquiétude parmi les habitants et les commerçants qui dénoncent une recrudescence des actes de petite délinquance.


« L'opération de déguerpissement avait suscité beaucoup d'espoir. Pendant quelques jours, nous avons réellement constaté une diminution du nombre d'enfants de la rue dans le centre-ville. Malheureusement, ils sont revenus presque partout. Aujourd'hui, les mêmes lieux sont de nouveau occupés et les habitants craignent une recrudescence de l'insécurité. Il devient nécessaire de mettre en place des solutions durables au lieu de simples opérations ponctuelles. »

De nombreux usagers affirment être régulièrement confrontés à des cas de vols de téléphones portables, de portefeuilles ou d'autres objets de valeur, principalement dans les zones les plus fréquentées de la ville. Les victimes estiment que cette situation affecte le climat de sécurité et nuit aux activités économiques dans plusieurs quartiers du centre-ville.

Au-delà des préoccupations sécuritaires, plusieurs observateurs rappellent que la présence persistante de ces enfants traduit également les difficultés liées à leur prise en charge sociale. Pour les acteurs de la protection de l'enfance, ces jeunes demeurent avant tout des mineurs vulnérables qui ont besoin d'un accompagnement adapté, de structures d'accueil et de programmes de réinsertion familiale ou scolaire.


« Il ne suffit pas d'éloigner les enfants des rues pendant quelques jours. Sans un véritable programme de réinsertion, d'encadrement social et d'accompagnement familial, ils reviendront inévitablement dans les mêmes endroits. La solution passe par une approche globale qui combine protection de l'enfance, assistance sociale, éducation et lutte contre la pauvreté des familles. »

La société civile de Lubumbashi appelle ainsi les autorités provinciales à renforcer les mécanismes de prise en charge des enfants en situation de rue tout en intensifiant les mesures destinées à assurer la sécurité des citoyens. Elle estime que des réponses structurelles permettront d'éviter que le phénomène ne prenne davantage d'ampleur.

Les organisations citoyennes recommandent également une meilleure coordination entre les services sociaux, les forces de sécurité, les organisations de protection de l'enfance et les partenaires humanitaires afin d'apporter des solutions durables à ce problème qui touche aussi bien les enfants concernés que l'ensemble de la population.


« La présence des enfants de la rue constitue à la fois un défi sécuritaire et un défi humanitaire. Nous invitons les autorités provinciales à agir rapidement afin d'éviter que la situation ne se détériore davantage. Chaque enfant mérite une protection, une éducation et une perspective d'avenir. En même temps, la population a droit à un environnement sûr et paisible. Ces deux objectifs peuvent être atteints à travers une politique cohérente et durable. »

Face à cette recrudescence du phénomène, les habitants de Lubumbashi espèrent une réaction rapide des autorités provinciales afin de restaurer la sécurité dans les espaces publics tout en garantissant une prise en charge digne et durable des enfants vivant dans la rue.

Dédé Roy, depuis Lubumbashi.

Tags : # Actualité # RDC

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