Cette initiative parlementaire met particulièrement sous pression le Vice-gouverneur de Lomami, le ministre provincial de l’Agriculture ainsi que le Directeur général de cette entreprise publique.
L’Assemblée provinciale de Lomami a poursuivi, vendredi 15 mai 2026, l’examen de la question orale avec débat relative à la gestion de la SAPLOM SASU, après la suspension des travaux consécutive à une motion incidentielle déposée le 12 mai dernier.
À travers cette motion, l’honorable Simon Ntumba Ndala sollicitait notamment l’audition du Vice-gouverneur et du ministre provincial de l’Agriculture au sujet des allégations portant sur la vente de dix tonnes de semences de maïs.
Devant les députés provinciaux, le Vice-gouverneur Célestin Kayembe a affirmé ne pas avoir été impliqué dans l’ensemble du processus lié à cette opération. Il a toutefois reconnu avoir reçu un appel téléphonique du ministre provincial de l’Agriculture l’informant qu’un partenaire souhaitait acquérir la production de la SAPLOM à un prix jugé abordable.
« J’ai effectivement donné mon avis favorable », a-t-il déclaré, avant de renvoyer les explications détaillées au ministre sectoriel et au Directeur général de la SAPLOM SASU, notamment sur l’identité de l’acheteur, les preuves de paiement ainsi que les modalités de la transaction.
De son côté, le ministre provincial de l’Agriculture, Doris Kayoka, a indiqué que les semences avaient été vendues à la société ABAD, dont le propriétaire résiderait à Lubao. Il a également évoqué un paiement de 15 000 dollars américains effectué sur le compte bancaire de la SAPLOM SASU, précisant qu’il n’avait joué qu’un rôle de facilitateur dans cette opération.
Selon lui, ce versement est intervenu jeudi 14 mai 2026, soit à la veille de la reprise de la plénière. Le Directeur général de la SAPLOM SASU, Alpha Nsomue, a ensuite été auditionné par les élus provinciaux.
Cette série d’auditions a donné lieu à un débat particulièrement animé, ouvert par le président de l’Assemblée provinciale, dans un climat marqué par de fortes tensions et de nombreuses préoccupations exprimées par les députés.
Au terme des échanges, la députée provinciale Christelle Keta Katombe, initiatrice de la question orale avec débat, a estimé que les réponses fournies demeuraient insuffisantes au regard des nombreuses zones d’ombre qui persistent dans ce dossier. Elle a ainsi plaidé pour la mise en place prochaine d’une commission d’enquête parlementaire afin d’approfondir les investigations sur cette affaire.
Depuis Lomami, Benjamin LUBO NKONGOLO