Face aux défis liés à la sécheresse et à la baisse de la production agricole, l’expert agronome Nzilamba propose aux producteurs une alternative écologique pour améliorer les rendements et lutter contre certains ravageurs des cultures. L’agriculture locale pourrait bientôt bénéficier davantage des solutions naturelles disponibles dans les exploitations. À Kyondo, l’inspecteur agricole Nzilamba encourage les agriculteurs à valoriser les urines de lapin comme fertilisant naturel et comme moyen de lutte contre certains insectes nuisibles.
Au cours d’une interview accordée ce jeudi 9 juillet 2026 à notre rédaction, cet expert en agronomie a expliqué que ce produit naturel constitue une source importante d’éléments nutritifs capables de renforcer la croissance des plantes. Selon lui, dans un contexte marqué par les perturbations climatiques et la sécheresse qui affectent les cycles agricoles, les producteurs doivent explorer des méthodes adaptées et accessibles. D’après M. Nzilamba, les urines de lapin peuvent également jouer un rôle dans la protection des cultures, notamment contre les pucerons et certains autres ravageurs qui attaquent les plantes.
Pour cette utilisation phytosanitaire, il recommande une préparation précise : un litre d’urine de lapin doit être mélangé avec trois litres d’eau avant d’être pulvérisé sur les cultures infestées.
« Les agriculteurs doivent comprendre qu’ils disposent autour d’eux de plusieurs solutions naturelles qui peuvent améliorer leurs productions. Les urines de lapin ne sont pas seulement des déchets, elles peuvent devenir un véritable produit agricole lorsqu’elles sont bien utilisées. Elles permettent de nourrir les plantes et peuvent aussi aider à éloigner certains insectes nuisibles comme les pucerons. », explique l’inspecteur agricole Nzilamba.
Pour une utilisation comme engrais, l’expert recommande une autre proportion de dilution. Un litre d’urine de lapin doit être mélangé avec quatre litres d’eau avant d’être appliqué dans les champs. Cette méthode permettrait, selon lui, d’éviter une concentration excessive susceptible d’endommager les cultures. L’inspecteur agricole insiste toutefois sur la nécessité de respecter une période de conservation avant utilisation. Les urines de lapin doivent être stockées pendant au moins deux mois afin d’améliorer leur efficacité et de réduire les risques pour les plantes.
« L’utilisation des produits naturels demande aussi de la discipline. Il ne faut pas appliquer directement les urines fraîchement recueillies. La conservation pendant une période suffisante permet d’obtenir un produit plus stable et mieux adapté aux besoins des cultures. Nous encourageons donc les producteurs à adopter ces techniques qui peuvent réduire leur dépendance aux produits chimiques coûteux. », ajoute M. Nzilamba.
Cette approche s’inscrit dans la recherche de pratiques agricoles durables capables d’aider les producteurs à faire face aux effets des changements climatiques et à améliorer progressivement la sécurité alimentaire dans la région.
ASIFIWE KAGHENI depuis Kyondo