Retenue comme province pilote pour la conduite de l’état des lieux des instruments juridiques provinciaux, la province du Kwilu accueille un atelier d’évaluation des textes réglementaires infranationaux. Cette initiative, portée par la Division provinciale de la Santé en collaboration avec la Coordination provinciale de l’Environnement, de la Pêche et de l’Élevage, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (RSI), sous la supervision de l’Institut National de Santé Publique (INSP). Les travaux visent à renforcer la gouvernance sanitaire et à améliorer la préparation de la province face aux urgences de santé publique.
Pendant plusieurs jours, les participants issus de différents services techniques, des administrations provinciales et des secteurs concernés examinent les textes juridiques existants afin d'en évaluer la pertinence, les insuffisances et leur conformité avec les exigences du Règlement sanitaire international. L'objectif de cet exercice est de dresser un état des lieux complet du dispositif juridique provincial afin d'identifier les réformes nécessaires pour renforcer la prévention, la détection et la réponse aux urgences sanitaires susceptibles d'affecter la population.
Selon les organisateurs, la désignation du Kwilu comme province pilote témoigne de la volonté des autorités sanitaires nationales d'expérimenter une approche méthodologique qui pourra, à terme, être étendue à d'autres provinces de la République démocratique du Congo.
Les échanges portent notamment sur les textes encadrant la surveillance épidémiologique, la gestion des risques sanitaires, la santé environnementale, les interventions multisectorielles ainsi que les mécanismes de coordination entre les différents services de l'État.
« Cet atelier constitue une étape essentielle dans le renforcement de notre système de santé publique. Il ne s'agit pas seulement d'inventorier les textes existants, mais également d'évaluer leur efficacité, de relever les éventuelles insuffisances et de proposer les adaptations nécessaires afin que notre cadre juridique réponde pleinement aux exigences du Règlement sanitaire international. Une bonne préparation juridique est indispensable pour permettre une réponse rapide et coordonnée face aux menaces sanitaires. »
Les responsables de la Division provinciale de la Santé rappellent que les crises sanitaires récentes ont démontré l'importance de disposer d'un environnement juridique cohérent permettant aux différentes institutions d'agir efficacement en cas d'urgence. La Coordination provinciale de l'Environnement, de la Pêche et de l'Élevage souligne, pour sa part, que plusieurs risques sanitaires trouvent leur origine dans les interactions entre la santé humaine, animale et environnementale, d'où la nécessité d'une approche multisectorielle dans l'élaboration des politiques publiques.
« La sécurité sanitaire dépasse largement le seul secteur de la santé. Les questions environnementales, les activités d'élevage, la pêche, la gestion des ressources naturelles et les mouvements des populations influencent directement l'apparition et la propagation de certaines maladies. C'est pourquoi cette évaluation juridique rassemble plusieurs secteurs afin de construire un dispositif réglementaire harmonisé, capable de protéger durablement les populations. »
Placés sous la supervision technique de l'Institut National de Santé Publique, les travaux devraient déboucher sur une série de recommandations destinées aux autorités provinciales et nationales. Ces propositions permettront d'orienter les futures réformes des instruments juridiques afin de les adapter aux standards internationaux en matière de sécurité sanitaire.
À travers cette initiative, les autorités entendent consolider les capacités institutionnelles des provinces dans la prévention, la surveillance et la gestion des urgences de santé publique, tout en renforçant la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la protection de la santé des populations.
Reportage de POSO YA LIKEMBA, depuis Kasai Central