La mort de cet animal, considéré comme une figure familière du parc, suscite l’indignation et relance le débat sur la protection de la faune sauvage en République démocratique du Congo. La tristesse s’est installée au Jardin Zoologique et Botanique de Kisangani après la disparition d’un pensionnaire considéré comme emblématique par les visiteurs et les agents de cette institution. Le singe connu affectueusement sous le nom de « Manu » a été tué par des habitants le 3 juillet 2026, un acte que l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) condamne fermement.
Selon les informations recueillies sur place, cet animal faisait partie des espèces suivies et protégées au sein du jardin zoologique de Kisangani. Sa disparition provoque une vive émotion auprès des responsables de conservation, des travailleurs du parc ainsi que de plusieurs habitants qui avaient pris l’habitude de l’observer lors de leurs visites. L’ICCN dénonce un acte contraire aux efforts engagés pour la protection de la biodiversité et appelle la population à adopter un comportement responsable vis-à-vis des animaux sauvages.
Pour les responsables de la conservation, la protection des espèces ne relève pas uniquement des institutions spécialisées, mais constitue une responsabilité collective impliquant toutes les communautés.
« La disparition de Manu est une grande perte pour notre jardin zoologique et pour tous ceux qui connaissaient cet animal. Ce n’était pas seulement un pensionnaire du parc, mais aussi une espèce qui participait à la sensibilisation du public sur l’importance de protéger notre biodiversité. Nous condamnons cet acte et nous rappelons que les animaux sauvages doivent être protégés, car leur disparition affecte l’équilibre naturel et prive les générations futures d’un patrimoine important. », a expliqué un responsable de l’ICCN.
Les autorités de conservation rappellent que plusieurs espèces animales en République démocratique du Congo sont menacées par différentes pratiques, notamment le braconnage, la destruction des habitats naturels et la mauvaise perception de certains animaux sauvages. Elles invitent ainsi les populations à privilégier les mécanismes d’alerte et à collaborer avec les services compétents lorsqu’un animal sauvage représente une menace ou lorsqu’une situation inhabituelle est observée.
« Nous appelons les communautés à ne pas se faire justice elles-mêmes face aux animaux sauvages. Il existe des services habilités pour intervenir et trouver des solutions adaptées. Tuer un animal protégé n’est pas une réponse, cela constitue plutôt une atteinte à notre patrimoine naturel. La sensibilisation doit continuer afin que chacun comprenne que la conservation est l’affaire de tous. », a ajouté un acteur de la conservation.
La mort du singe « Manu » intervient dans un contexte où les défenseurs de l’environnement multiplient les appels à une meilleure protection de la faune congolaise, l’un des patrimoines naturels les plus riches du continent africain.
À Kisangani, les responsables du Jardin Zoologique et Botanique espèrent que ce drame servira de rappel sur la nécessité de renforcer l’éducation environnementale et la cohabitation entre les populations et les espèces sauvages.
Élie Lenge, à Kisangani