Kindu : une ONG dénonce la vente présumée d’une maison de l’État et alerte sur un nouveau scandale foncier

Kindu : une ONG dénonce la vente présumée d’une maison de l’État et alerte sur un nouveau scandale foncier

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Ghislain Lukambo

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Un nouveau dossier foncier fait polémique à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema. Une organisation de la société civile dénonce la vente présumée d’une maison appartenant à l’État congolais, située sur le boulevard Joseph Kabila, à proximité de l’hôpital de la garnison militaire. Il s’agit de l’habitation qui servait notamment de logement à Madame Régine Kapunga, alors cheffe de division provinciale du Genre, Famille et Enfant, aujourd’hui nommée directrice.

Selon Nestor Omesumbu Lokale, président de l’ONG Dynamique pour le Développement d’Ankurchu, DDDA, cette maison aurait été cédée dans des conditions qu’il juge irrégulières. L’activiste accuse notamment certains services des Titres immobiliers, en complicité présumée avec des autorités provinciales, de contribuer à la spoliation des biens immobiliers de l’État.

La situation suscite d’autant plus de préoccupations que des travaux préparatoires seraient déjà visibles autour de la parcelle. Des bâches auraient été installées aux alentours de la maison, laissant présager, selon l’ONG, une prochaine démolition de l’ancienne bâtisse en vue de la construction d’un nouvel ouvrage.

Face à cette situation, Nestor Omesumbu Lokale annonce son intention de saisir les instances judiciaires afin de contester ce qu’il qualifie de vente illicite d’un patrimoine de l’État.

Le responsable de la DDDA se montre toutefois pessimiste quant à l’issue de cette démarche judiciaire, estimant que plusieurs personnalités influentes seraient impliquées dans ce dossier.

« Nous dénonçons une fois de plus ce qui se passe avec les biens immobiliers de l’État dans la ville de Kindu. Cette fois-ci, il s’agit d’une des rares maisons appartenant encore à l’État et qui se trouve sur le boulevard Joseph Kabila, juste à côté de l’hôpital de la garnison militaire. Nous constatons avec beaucoup d’inquiétude que cette maison aurait été vendue alors qu’elle constitue un patrimoine public. Aujourd’hui, nous voyons déjà des signes qui montrent que ceux qui auraient acquis cette parcelle veulent passer à l’étape suivante, notamment avec l’installation des bâches autour de la maison. Nous craignons donc que l’ancienne bâtisse soit démolie pour laisser place à une nouvelle construction. Pour nous, il est important que les autorités compétentes puissent arrêter cette opération et vérifier dans quelles conditions cette maison a été cédée. Nous allons saisir la justice parce que nous estimons que le patrimoine de l’État doit être protégé et qu’aucune personne ne peut s’en approprier au détriment de l’intérêt général. »

Pour l’ONG DDDA, ce dossier s’inscrit dans une problématique plus large liée à la gestion du patrimoine immobilier de l’État dans la province du Maniema.

Nestor Omesumbu Lokale affirme que plusieurs biens publics seraient progressivement exposés à des opérations de cession ou d’appropriation privée. Il appelle ainsi les autorités provinciales et nationales à renforcer le contrôle sur les opérations foncières concernant les propriétés de l’État.

Des personnalités citées, aucune preuve publique établie à ce stade

Dans ses dénonciations, le responsable de la DDDA affirme que des personnalités influentes seraient impliquées dans cette affaire et évoque notamment le nom d’un sénateur.

Ces accusations n’ont toutefois pas, à ce stade, été étayées publiquement par des documents permettant d’établir la responsabilité des personnes citées. Les intéressés n’ont pas non plus été présentés comme condamnés ou définitivement mis en cause par une décision de justice.

L’ONG dit néanmoins vouloir porter le dossier devant les instances compétentes afin que les responsabilités soient établies sur la base des documents fonciers et administratifs.

« Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de cette démarche, même si nous savons que le combat ne sera pas facile. Nous allons saisir la justice pour demander que toute la lumière soit faite sur cette vente et sur les personnes qui seraient derrière cette opération. Notre préoccupation n’est pas de nous attaquer à des individus, mais de défendre le patrimoine de l’État et l’intérêt de la population du Maniema. Si cette maison appartient réellement à l’État, elle ne peut pas être vendue ou transférée dans des conditions irrégulières. Nous demandons donc que les services des Titres immobiliers produisent les documents qui ont permis cette opération et que les autorités compétentes vérifient la régularité de toute la procédure. La population a besoin de savoir comment un bien public peut disparaître de cette manière. »

En attendant une éventuelle intervention des autorités ou une décision de justice, l’attention reste désormais focalisée sur cette parcelle située dans une zone stratégique de Kindu. La société civile demande notamment la suspension de toute opération de démolition ou de construction jusqu’à la clarification du statut juridique de cette propriété.

Ce nouveau dossier relance ainsi le débat sur la protection du patrimoine immobilier de l’État dans le Maniema, alors que les organisations citoyennes appellent régulièrement à davantage de transparence dans la gestion des biens publics.

Reportage signé Enzal Balewe, notre permanent dans la région, rendu par Ghislain Kasereka pour la RTEE Kivu.

Tags : # Actualité # RDC

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