Un double incendie en l’espace de deux jours sème la désolation dans plusieurs villages du territoire de Kasongo, dans la province du Maniema. Le premier sinistre a frappé, jeudi 13 août 2026, le village Kalombo, dans le groupement de Bushiri, en chefferie de Basonge 1, où une école ainsi que l’ensemble de ses bureaux administratifs ont été réduits en cendres. Le lendemain, vendredi 14 août, un autre incendie s’est déclaré au village Batuta, dans la même chefferie, emportant huit cases et laissant plusieurs habitants sans abri. Selon un notable joint au téléphone dimanche 16 août par ENZAL BALEWE, permanent dans la région, ces incendies pourraient être liés aux feux de brousse qui se propagent dans la région, même si les circonstances exactes de ces deux sinistres restent à établir.
Le village de Bungongo, situé à environ 33 kilomètres de Samba, au carrefour menant vers Kongolo, dans la province du Tanganyika, est également cité dans ce contexte de propagation des feux. La répétition de ces incidents dans cette partie du pays suscite des inquiétudes au sein des communautés locales, particulièrement à l’approche des périodes où les feux de végétation peuvent rapidement atteindre les habitations ou les infrastructures installées à proximité des zones de brousse.
Intervenant au micro de ENZAL BALEWE, permanent de la RTEE KIVU dans la région, le notable Louis Ngongo appelle les autorités à renforcer la protection des populations sinistrées et dénonce parallèlement ce qu’il présente comme des tracasseries imposées aux victimes par certains agents de sécurité.
« La situation que vivent actuellement nos populations est vraiment préoccupante. En deux jours seulement, nous avons enregistré des dégâts importants. À Kalombo, une école entière avec ses bureaux administratifs a été consumée par le feu. Le lendemain, à Batuta, huit cases ont été réduites en cendres et des familles se retrouvent aujourd’hui sans leurs habitations. D’après les informations dont nous disposons, les feux de brousse pourraient être à l’origine de ces incendies, parce que le feu se propage très rapidement dans certaines zones. Mais ce qui nous préoccupe davantage aujourd’hui, c’est la situation des victimes. Elles ont déjà tout perdu et devraient normalement bénéficier d’un accompagnement et d’une protection de la part des autorités. Malheureusement, nous constatons que certains agents envoyés par l’administrateur du territoire se livrent à des pratiques que nous considérons comme de la tracasserie. Des victimes seraient contraintes de payer des amendes allant de 50.000 à 100.000 francs congolais, sans que les raisons de ces paiements soient clairement expliquées. Nous demandons donc aux autorités provinciales et au gouvernement central de regarder cette situation avec beaucoup d’attention et de mettre fin à ces pratiques qui viennent aggraver les souffrances des populations déjà sinistrées. »
Pour les habitants concernés, l’urgence reste désormais humanitaire. La destruction des habitations prive plusieurs familles de leurs logements et expose les personnes touchées à des conditions de vie particulièrement difficiles. La destruction de l’école de Kalombo constitue également une perte importante pour la communauté, puisque l’infrastructure scolaire et ses bureaux administratifs ont été entièrement consumés par les flammes.
Face à cette situation, la présidente nationale de l’ASBL « Avant Tout le Congo », Mireille Safalani, originaire du territoire de Kasongo, multiplie les démarches afin de mobiliser une assistance en faveur des sinistrés. Elle cherche notamment à entrer en contact avec les organisations humanitaires ainsi qu’avec le ministère en charge des Affaires humanitaires et de la Gestion des catastrophes, afin d’obtenir une intervention en faveur des populations touchées.
« Nous ne pouvons pas rester indifférents face à ce qui vient de se produire dans le territoire de Kasongo. Ces familles ont perdu leurs habitations et certaines infrastructures communautaires ont également été détruites. Il faut que les humanitaires et les autorités compétentes puissent rapidement évaluer les besoins sur place et apporter une réponse aux victimes. Nous allons multiplier les contacts avec les organisations humanitaires et avec le ministère des Affaires humanitaires et de la Gestion des catastrophes pour que cette situation soit prise en compte. Notre démarche est avant tout humanitaire : il faut penser aux familles qui n’ont plus de toit, aux personnes qui ont perdu leurs biens et à la communauté qui vient également de perdre une infrastructure scolaire. Nous appelons donc toutes les personnes de bonne volonté, les autorités et les partenaires humanitaires à se mobiliser pour venir en aide aux victimes. »
En attendant une éventuelle intervention des autorités et des organisations humanitaires, les populations sinistrées restent confrontées aux conséquences de ces incendies successifs. La priorité est désormais de mettre les victimes à l’abri, d’évaluer précisément les dégâts et d’identifier les besoins urgents, notamment en abris, nourriture et autres biens essentiels.
Les autorités locales sont également appelées à établir les circonstances exactes de ces incendies et à renforcer les mesures de prévention, notamment dans les zones exposées aux feux de brousse. La population, de son côté, reste dans l’attente d’une réponse concrète face à une série de sinistres qui, en seulement deux jours, a profondément affecté plusieurs familles du territoire de Kasongo.
Suivez ce reportage avec ENZAL BALEWE, permanent de la RTEE KIVU dans la région.