À l’occasion de la Journée mondiale de la conservation de la nature célébrée chaque 28 juillet, les regards se tournent vers le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), l’un des joyaux écologiques de la République démocratique du Congo et de la région des Grands Lacs. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce vaste espace naturel constitue le dernier refuge des gorilles de plaine de l’Est, une espèce emblématique dont la survie dépend largement des efforts de conservation engagés sur le terrain.
Au-delà de sa richesse faunique exceptionnelle, le PNKB joue un rôle majeur dans la protection des écosystèmes et dans la régulation environnementale. Ses forêts contribuent notamment à la préservation des sources d’eau, à la régulation du climat et au stockage du carbone, des services essentiels pour les communautés riveraines et pour l’équilibre écologique régional.
Cependant, cette aire protégée reste confrontée à de nombreuses menaces qui compromettent ses efforts de conservation. Parmi les principaux défis figurent la déforestation, l’occupation illégale des terres pour l’agriculture, l’exploitation minière clandestine, le braconnage ainsi que les conséquences liées au changement climatique.
Dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire dans l’Est de la RDC, les équipes de conservation font face à une pression supplémentaire pour assurer la protection de la biodiversité et maintenir les activités de surveillance dans le parc.
Pour Fabrice Yapi, responsable de la recherche et du bio-monitoring au sein du PNKB, la conservation de cette richesse naturelle ne peut pas être l’œuvre des seuls gestionnaires du parc. Elle nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs, notamment les communautés locales.
« La conservation de la nature est une responsabilité collective. Le Parc national de Kahuzi-Biega appartient certes au patrimoine national et mondial, mais sa protection concerne tout le monde. Les populations riveraines, les autorités, les partenaires et tous les acteurs doivent comprendre que préserver cette forêt, c’est aussi protéger les ressources dont nous dépendons tous, notamment l’eau, le climat et l’avenir des générations futures », explique Fabrice Yapi.
Le responsable du bio-monitoring souligne également que les efforts de conservation passent par une meilleure connaissance scientifique de l’évolution des espèces et des habitats naturels. Les recherches menées dans le parc permettent d’adapter les stratégies de protection face aux différentes menaces.
« Grâce au suivi écologique et aux activités de recherche, nous pouvons comprendre l’état de santé des espèces, notamment les gorilles de plaine de l’Est, mais aussi mesurer les changements qui affectent nos écosystèmes. Ces informations sont indispensables pour prendre de bonnes décisions et renforcer les actions de conservation », ajoute-t-il.
Malgré les difficultés, les acteurs engagés dans la protection du PNKB restent déterminés à préserver ce patrimoine naturel unique. Ils appellent toutefois à un soutien accru des autorités, des partenaires et des communautés afin de garantir la survie durable de cette aire protégée.
En cette Journée mondiale de la conservation de la nature, le Parc national de Kahuzi-Biega rappelle ainsi l’importance de protéger les ressources naturelles, non seulement pour sauvegarder la biodiversité, mais aussi pour assurer un avenir durable aux populations.
Goreth Sifa depuis Bukavu