L’Assemblée provinciale du Haut-Katanga exprime une vive préoccupation face aux conditions de détention jugées alarmantes à la prison centrale de Boma, située dans la cité de Kipushi, à environ 30 kilomètres de Lubumbashi. Les élus provinciaux, en mission de contrôle parlementaire dans cette infrastructure pénitentiaire, ont dressé un constat préoccupant marqué par une surpopulation carcérale extrême et des conditions de vie jugées indignes.
Selon les données recueillies par les députés provinciaux, cet établissement pénitentiaire, initialement conçu pour accueillir environ 50 détenus, héberge actuellement plus de 430 personnes, soit un taux de surpeuplement largement supérieur à sa capacité normale. Une situation qui, d’après les élus, serait à l’origine de la dégradation des conditions sanitaires et de la multiplication des cas de maladies ainsi que de décès parmi les pensionnaires.
Sur place, les parlementaires provinciaux ont décrit un environnement carcéral fortement dégradé, où les détenus vivent dans des conditions de promiscuité extrême, rendant difficile toute prise en charge médicale adéquate et accentuant les risques sanitaires. Face à ce tableau sombre, l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga tire la sonnette d’alarme et appelle à une intervention urgente des autorités compétentes, notamment du gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Jacques Kyabula Katwe. Les élus estiment que des mesures rapides et concrètes doivent être prises pour désengorger la prison de Boma et améliorer les conditions de détention.
Dans un extrait de leur rapport, les députés provinciaux insistent sur la gravité de la situation :
« La prison centrale de Boma, censée accueillir une cinquantaine de détenus, se retrouve aujourd’hui avec plus de 400 personnes incarcérées. Cette surpopulation carcérale a des conséquences dramatiques sur la santé des détenus, avec la propagation rapide de maladies liées au manque d’hygiène, à la promiscuité et à l’insuffisance des soins médicaux. Nous avons constaté une situation qui appelle une réaction urgente des autorités. Il est impératif de prendre des mesures de désengorgement, de renforcer les infrastructures sanitaires et d’améliorer les conditions de détention pour respecter la dignité humaine des prisonniers », ont indiqué les élus provinciaux.
L’Assemblée provinciale estime que cette situation ne peut perdurer sans conséquences graves sur le plan humanitaire et sécuritaire. Elle appelle donc à une réponse coordonnée entre les autorités judiciaires, pénitentiaires et provinciales afin de trouver des solutions durables, notamment à travers les mesures de grâce, les transferts de détenus ou encore la construction et la réhabilitation des infrastructures carcérales.
En attendant des actions concrètes, les députés provinciaux promettent de poursuivre leur suivi parlementaire afin de s’assurer que les recommandations formulées soient effectivement mises en œuvre pour soulager la prison centrale de Boma et améliorer les conditions de détention dans le Haut-Katanga.
Dede Roy, depuis Lubumbashi