Les accusations attribuant à La mine de Frontier (propriétés de Eurasian Resources Group (ERG)) ; entreprise minière opérant à Sakania la responsabilité des perturbations de la fourniture d'électricité dans cette cité du Haut-Katanga sont contestées par plusieurs analystes indépendants spécialisés dans les questions énergétiques. Ces derniers estiment qu'aucune responsabilité ne peut être imputée à une société privée sans une démarche officielle des autorités compétentes, tout en appelant le gouvernement à privilégier les procédures légales afin d'éviter toute dérive.
Selon ces observateurs, toute éventuelle implication d'une entreprise dans la résolution des difficultés liées à l'alimentation en électricité doit être encadrée par les autorités publiques, notamment à travers une saisine officielle qui définirait clairement les responsabilités de chaque partie.
Ils rappellent que la distribution de l'électricité relève des structures légalement compétentes et que toute intervention d'un opérateur privé doit s'effectuer dans un cadre institutionnel bien défini, en collaboration avec la Société nationale d'électricité (SNEL).
« Si le gouvernement estime qu'une entreprise peut contribuer à résoudre ce problème, il doit la saisir officiellement afin qu'elle intervienne dans un cadre légal et en collaboration avec les services compétents. Sans cela, il est difficile de lui attribuer une quelconque responsabilité. », a expliqué Junior Kasongo, analyste des questions énergétiques.
Les spécialistes mettent également en garde contre les conséquences d'une gestion informelle de ce dossier. Selon eux, toute solution en dehors du cadre légal pourrait favoriser des pratiques irrégulières et compromettre les efforts de réorganisation du secteur de l'énergie. Plusieurs habitants de Sakania, interrogés au téléphone par la RTEE Kivu, appellent pour leur part à une solution rapide afin de rétablir durablement la fourniture de l'électricité, qu'ils jugent indispensable au fonctionnement des activités économiques et sociales.
« Ce qui nous importe avant tout, c'est le retour d'une électricité stable. Les responsabilités doivent être établies par les autorités compétentes, mais la priorité reste de trouver une solution durable au bénéfice de toute la population. », a déclaré un habitant de Sakania.
Les analystes recommandent au gouvernement de renforcer le dialogue entre les différents acteurs concernés, notamment les autorités locales, la SNEL et les partenaires éventuels, afin de parvenir à une solution concertée et conforme aux textes en vigueur.
Ils estiment qu'une approche institutionnelle permettrait non seulement de sécuriser les interventions, mais également de prévenir les conflits de compétence et les interprétations susceptibles de créer davantage de confusion.
En attendant une communication officielle des autorités sur ce dossier, les habitants de Sakania continuent d'espérer une amélioration rapide de la desserte en électricité, essentielle au développement économique de cette cité frontalière du Haut-Katanga.
Les observateurs insistent enfin sur la nécessité de privilégier les mécanismes légaux et la transparence dans la gestion des questions énergétiques afin de garantir un service fiable et durable au profit de la population.
Reportage Dede Roy, de retour de Sakania