Les habitants de Goma et de Gisenyi ont vécu une matinée inhabituelle ce dimanche 17 mai 2026. Les activités socio-économiques ont tourné au ralenti autour de la grande et de la petite barrière séparant les deux villes voisines, après une fermeture temporaire des postes frontaliers observée durant plusieurs heures.
Le constat a été réalisé aux environs de 9 heures par notre correspondant sur place. De nombreux voyageurs, commerçants transfrontaliers et conducteurs de motos étaient visibles devant les barrières, dans l’attente d’une éventuelle réouverture. Plusieurs usagers ont exprimé leur inquiétude et leur incompréhension face à cette situation inattendue qui perturbait les déplacements habituels entre les deux villes.
Selon plusieurs sources contactées sur place, cette mesure temporaire serait liée au renforcement des contrôles sanitaires à la suite de la résurgence de la maladie à virus Ebola en province de l’Ituri. Les autorités sanitaires chercheraient ainsi à prévenir tout risque de propagation de l’épidémie vers la province du Nord-Kivu et vers les pays voisins.
Cette fermeture momentanée a eu un impact immédiat sur les activités économiques. De nombreux petits commerçants qui traversent quotidiennement la frontière pour leurs activités se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs heures. Certaines familles habituées aux déplacements réguliers pour les études, les soins médicaux ou le commerce ont également été affectées.
« Nous sommes restés longtemps sans aucune explication claire. Beaucoup de personnes craignaient déjà une fermeture prolongée de la frontière », a témoigné un commerçant rencontré près de la grande barrière.
Sur place, l’incertitude gagnait progressivement les usagers, alimentée par les informations circulant autour de l’épidémie d’Ebola déclarée récemment en Ituri. Les services sanitaires auraient notamment renforcé les dispositifs de contrôle des températures et de surveillance aux différents points de passage.
Malgré les inquiétudes, la situation a finalement été débloquée vers 10 heures, avec la reprise progressive du trafic entre les deux villes. Les voyageurs ont alors pu traverser la frontière après les formalités sanitaires renforcées.
« Les contrôles sanitaires sont nécessaires pour protéger la population, mais il faudrait aussi mieux communiquer afin d’éviter la panique », a estimé un conducteur de moto-taxi.
Cette situation illustre la nervosité croissante observée dans plusieurs villes de l’Est de la RDC depuis l’annonce de la 17e épidémie d’Ebola dans le pays. Les autorités sanitaires appellent néanmoins la population au calme et au respect strict des mesures barrières afin d’éviter toute propagation de la maladie.