Deux jeunes garçons sont morts récemment en commune de Vulamba après avoir inhalé de la fumée d’un brasero utilisé dans une habitation. Un anesthésiste-réanimateur alerte sur les dangers liés au manque d’oxygène et insiste sur les mesures de prévention. L’asphyxie continue de faire des victimes dans la ville de Butembo. Le dernier cas enregistré concerne deux jeunes garçons décédés la semaine dernière dans la commune de Vulamba, après avoir été exposés à la fumée d’un brasero utilisé pendant la cuisson des haricots dans une habitation.
Un drame qui relance le débat sur les risques liés à l’utilisation du charbon ou du bois dans des espaces mal aérés, surtout pendant la nuit, lorsque les occupants peuvent ne pas se rendre compte rapidement du danger. Pour mieux comprendre ce phénomène et les moyens de prévention, la rédaction de la RTEE Kivu s’est entretenue avec le docteur Muhindo Kavotha Evariste, anesthésiste-réanimateur à l’Hôpital Général de Référence de Kyondo.
Selon ce spécialiste, l’asphyxie correspond à un arrêt ou une perturbation importante des échanges d’oxygène dans l’organisme. Elle survient lorsque le corps ne reçoit plus suffisamment d’air pour assurer le fonctionnement normal des organes.
« L’asphyxie, c’est l’arrêt des échanges d’oxygène dans l’organisme. Elle peut avoir plusieurs causes : un corps étranger qui bloque les voies respiratoires, certaines maladies, le manque d’air ou encore l’inhalation des gaz toxiques comme la fumée du charbon ou du bois », explique le docteur Muhindo Kavotha Evariste.
Le médecin souligne que plusieurs cas surviennent dans les ménages, notamment lorsque les familles utilisent des braseros ou des foyers à charbon dans des pièces fermées. La fumée produite peut rapidement réduire la quantité d’oxygène disponible et provoquer une perte de connaissance, voire la mort. Face à cette situation, l’anesthésiste-réanimateur appelle les parents et les responsables des ménages à renforcer la vigilance, particulièrement lorsqu’il s’agit des enfants.
« Aux parents, nous demandons beaucoup de prudence. Les enfants sont souvent exposés parce qu’ils mettent facilement des objets dans la bouche ou dans le nez. Il faut aussi éviter de cuisiner avec du charbon dans des espaces fermés. Une pièce mal aérée peut devenir un piège mortel », alerte-t-il.
Le spécialiste insiste également sur la nécessité de connaître les premiers gestes à poser lorsqu’une personne présente des signes d’asphyxie. Selon lui, la rapidité d’intervention peut sauver une vie. Il recommande notamment d’éloigner immédiatement la victime de la source du danger, de libérer les voies respiratoires et de favoriser une meilleure circulation de l’air en attendant une prise en charge médicale.
« En cas d’urgence, il faut d’abord identifier la cause de l’asphyxie. Il faut dégager les voies respiratoires et placer la victime dans une position qui facilite la respiration. Mais surtout, il faut chercher rapidement une assistance médicale », précise le docteur Kavotha.
L’anesthésiste-réanimateur rappelle que l’asphyxie est une menace silencieuse qui peut frapper sans avertissement, surtout pendant le sommeil. Il invite ainsi la population à adopter des comportements simples mais essentiels : assurer une bonne ventilation des maisons, éviter l’utilisation des braseros dans les chambres et rester attentif aux enfants.
« L’asphyxie tue en silence. Mieux vaut prévenir que pleurer. Une bonne aération, une surveillance des enfants et le réflexe d’appeler à l’aide peuvent faire la différence entre la vie et la mort », conclut le spécialiste.
Dosier : ESPERANZA SINDANI