Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le Conseil National des Organisations de la Société Civile pour la Résilience (CONAFOR) appelle à une réorientation de la stratégie de riposte en plaçant les communautés au cœur des interventions. Réunis en conférence à Kinshasa, les responsables de cette organisation estiment qu'une réponse sanitaire durable ne peut produire des résultats que si les populations locales sont pleinement associées aux actions de prévention, de surveillance et de sensibilisation.
Pour le CONAFOR, les expériences des précédentes épidémies ont démontré que la méfiance des populations, les résistances communautaires et les insuffisances de la communication de proximité constituent des obstacles majeurs à la maîtrise rapide de la maladie. L'organisation recommande ainsi de renforcer les mécanismes d'alerte précoce, d'impliquer davantage les leaders communautaires et de privilégier une communication adaptée aux réalités locales afin d'obtenir l'adhésion des communautés.
Intervenant au cours de cette conférence, le coordonnateur du CONAFOR, le docteur Joseph Kakizingi, a insisté sur la nécessité de développer une approche locale capable d'intervenir dès l'apparition des premiers cas afin de limiter la propagation du virus.
« La lutte contre Ebola ne peut pas être uniquement une affaire des équipes médicales ou des autorités sanitaires. Elle doit avant tout devenir une responsabilité partagée avec les communautés. Les populations doivent être informées, écoutées et impliquées dans toutes les étapes de la riposte. Lorsqu'une communauté comprend les enjeux de la maladie et fait confiance aux intervenants, elle devient le premier rempart contre la propagation du virus. C'est pourquoi nous plaidons pour une véritable action locale de lutte contre Ebola, fondée sur la proximité, la confiance et la participation communautaire », a déclaré le docteur Joseph Kakizingi.
Le responsable du CONAFOR estime également qu'il est indispensable de renforcer les systèmes communautaires de surveillance afin de détecter rapidement les cas suspects et d'assurer une prise en charge précoce. Selon lui, une alerte donnée à temps peut éviter l'apparition de nouvelles chaînes de transmission et sauver de nombreuses vies.
« Nous devons investir davantage dans les systèmes d'alerte précoce, former les relais communautaires, renforcer la communication de proximité et accompagner les leaders locaux afin qu'ils deviennent de véritables acteurs de la riposte. Chaque village, chaque quartier et chaque communauté doivent disposer des moyens nécessaires pour signaler rapidement les cas suspects et appliquer les mesures de prévention. Plus la réponse est précoce, plus les chances de contenir l'épidémie sont grandes. La confiance entre les populations et les équipes de riposte demeure aujourd'hui l'un des éléments les plus déterminants pour vaincre Ebola », a-t-il ajouté.
Le CONAFOR invite enfin les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations communautaires à coordonner davantage leurs interventions afin de construire une riposte inclusive, capable de répondre efficacement aux défis posés par la résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.
Egide Abalawi depuis Bukavu