La ville de Butembo replonge dans une atmosphère de prudence et d’inquiétude après les déclarations faisant état de cas confirmés de la maladie à virus Ebola. Face à cette situation sanitaire préoccupante, plusieurs couches sociales, religieuses et communautaires intensifient les messages de sensibilisation afin d’éviter une propagation rapide de l’épidémie dans cette région déjà marquée par les douloureux souvenirs de la flambée de 2018.
Lors d’un entretien accordé à la presse ce lundi 18 mai 2026, le serviteur de Dieu Jonas Mbayahi a exhorté les chrétiens ainsi que l’ensemble de la population à ne pas céder à la désinformation ni aux discours mystiques qui pourraient détourner les malades des structures sanitaires compétentes. Selon lui, la foi ne doit jamais remplacer les précautions médicales indispensables face à une maladie aussi dangereuse.
« Que personne ne se laisse enfermer dans une chambre de prière alors qu’il présente des symptômes de la maladie à virus Ebola. La prière doit accompagner les soins médicaux et le respect des mesures barrières », a déclaré le pasteur Jonas Mbayahi.
Le responsable religieux rappelle que l’expérience vécue à Butembo lors de l’épidémie de 2018 reste encore vivace dans plusieurs familles ayant perdu leurs proches suite à la négligence, aux rumeurs et au refus de consulter rapidement les équipes sanitaires. Pour lui, la population doit tirer des leçons du passé afin d’éviter une nouvelle tragédie humaine.
Dans la même dynamique, la société civile du Nord-Kivu appelle également les habitants à renforcer les pratiques d’hygiène, à éviter les contacts suspects et à signaler rapidement toute personne présentant des symptômes compatibles avec Ebola. Christian Kalamu, acteur de la société civile, insiste particulièrement sur la lutte contre les fausses informations qui circulent déjà dans certaines communautés.
« Ebola est une maladie réelle et dangereuse. La population doit rester vigilante et éviter de relayer des rumeurs qui peuvent mettre des vies en danger », a averti Christian Kalamu.
Au Sud-Kivu voisin, l’alerte sanitaire gagne également les organisations citoyennes. Au quartier Nkafu, la société civile locale a demandé aux vendeurs du marché Beach Muhanzi ainsi qu’aux propriétaires des embarcations lacustres de mettre en place des dispositifs permanents de lavage des mains dans les ports afin de limiter les risques liés aux mouvements fréquents des populations entre Goma et Bukavu.
Pendant ce temps, plusieurs habitants de Butembo regrettent l’absence de mesures anticipatives fortes de la part des autorités provinciales et locales malgré les signaux d’alerte déjà perceptibles depuis plusieurs jours. Certains observateurs estiment que la sensibilisation communautaire devrait être intensifiée dans les écoles, marchés, églises et transports publics afin de prévenir toute contamination massive.
Les professionnels de santé rappellent que les gestes simples restent les moyens les plus efficaces pour limiter la propagation du virus : lavage régulier des mains, évitement des contacts physiques suspects, signalement rapide des cas symptomatiques et confiance envers les structures médicales spécialisées.