Butembo : quatre ans après le départ de la MONUSCO, le chercheur en relations internationales KASEREKA KIZA Omer estime que son retour ne garantirait pas la paix à l’Est de la RDC

Butembo : quatre ans après le départ de la MONUSCO, le chercheur en relations internationales KASEREKA KIZA Omer estime que son retour ne garantirait pas la paix à l’Est de la RDC

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Ghislain Lukambo

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La question d’un éventuel retour de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans la ville de Butembo continue de susciter des réactions. Pour KASEREKA KIZA Omer, chercheur en relations internationales à l’Université de Kinshasa, miser sur cette force onusienne pour ramener la paix dans l’Est du pays serait une erreur. Il estime que la priorité devrait plutôt être accordée au renforcement des capacités des forces nationales de défense et de sécurité. Quatre ans après le départ de la MONUSCO de la ville de Butembo, la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante. Des groupes armés continuent d’opérer dans plusieurs zones, provoquant des déplacements des populations et des violences contre les civils.

À l’occasion de la commémoration du quatrième anniversaire des victimes des manifestations anti-MONUSCO organisées en 2022 à Butembo, le chercheur en relations internationales KASEREKA KIZA Omer a livré son analyse sur le rôle de cette mission onusienne dans la recherche de la paix en RDC. Selon lui, l’évolution de la situation sécuritaire avant et après le départ de la MONUSCO démontre que cette mission n’a pas apporté les résultats attendus par la population.

« Penser que c’est la MONUSCO qui pourra ramener la paix au Congo, c’est se tromper. Avant son départ de Butembo comme après son départ, nous constatons que la situation sécuritaire dans l’Est du pays reste pratiquement la même. Même dans les zones où la MONUSCO est encore présente, les populations continuent de faire face à l’insécurité », estime KASEREKA KIZA Omer.

Pour cet analyste, la décision de la population de réclamer le départ de la mission onusienne en 2022 était motivée par un sentiment d’abandon face aux massacres et aux violences persistantes dans la région. Il considère que la MONUSCO n’a pas suffisamment répondu à son mandat principal, notamment celui de contribuer à la protection des civils contre les menaces des groupes armés.

« La mission première de la MONUSCO était notamment d’appuyer la protection des populations civiles. Mais lorsqu’on regarde la réalité sur le terrain, beaucoup de Congolais ont estimé que cette mission n’avait pas atteint les objectifs attendus. C’est ce qui explique le rejet exprimé par une partie de la population à travers les manifestations de 2022 », ajoute le chercheur.

Face aux défis sécuritaires actuels, KASEREKA KIZA Omer estime que la solution durable passe plutôt par une montée en puissance des forces de défense et de sécurité congolaises. Pour lui, l’État congolais doit investir davantage dans la formation, l’équipement et l’encadrement de son armée et de ses services de sécurité afin qu’ils soient capables d’assurer efficacement la protection des citoyens.

« Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est renforcer les capacités de nos forces de défense et de sécurité. La paix durable en RDC doit avant tout être portée par des institutions nationales fortes capables de répondre aux menaces sécuritaires », soutient-il.

Pour rappel, la MONUSCO avait quitté officiellement la ville de Butembo en 2022 après plusieurs manifestations populaires exigeant son retrait. Ces protestations avaient été marquées par des affrontements ayant causé la mort de plusieurs civils.

Depuis lors, le débat sur le rôle et l’avenir de la présence onusienne en RDC reste ouvert, alors que les populations de l’Est continuent d’attendre des réponses concrètes face à l’insécurité persistante.

Dossier Moise Ndungo

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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