À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée ce mardi 17 juin 2026, un expert a tiré la sonnette d’alarme sur les effets de la dégradation des sols et ses conséquences sur les populations, notamment les agriculteurs.
Selon le professeur Muhindo Sahani Walere, spécialiste en géorisque et climato-risque de l’Université de Liège en Belgique, la désertification se traduit par une perte progressive de la fertilité des sols ainsi que par la raréfaction des ressources en eau dans les zones touchées. Ce phénomène, souvent discret mais aux impacts profonds, compromet la capacité des terres à soutenir la végétation et à répondre aux besoins essentiels des populations.
Enseignant à l’Université catholique du Graben (UCG) de Butembo ainsi qu’à l’Université de Kisangani, le professeur Walere explique que plusieurs facteurs sont à la base de cette dégradation environnementale. Il cite notamment la déforestation, la surexploitation des terres agricoles, les mauvaises pratiques culturales ainsi que les effets du changement climatique, qui accentuent la vulnérabilité des écosystèmes.
« La désertification est un processus de dégradation des sols qui réduit progressivement leur capacité productive et leur potentiel écologique. Elle est aggravée par les activités humaines non durables et les variations climatiques extrêmes », a-t-il indiqué dans son intervention.
Le spécialiste souligne par ailleurs que les effets de ce phénomène sont déjà visibles dans plusieurs communautés rurales. Les agriculteurs, en particulier, font face à une baisse significative de la fertilité des sols, à l’érosion, à la diminution des rendements agricoles ainsi qu’à une raréfaction progressive des ressources en eau, compromettant ainsi leur sécurité alimentaire et leurs conditions de vie.
Face à cette situation, le professeur Muhindo Sahani Walere recommande une série de mesures urgentes et durables, parmi lesquelles le reboisement massif, la protection des forêts existantes et l’adoption de techniques agricoles durables capables de restaurer et de préserver la qualité des sols.
À l’occasion de cette journée internationale, il a également lancé un appel à la responsabilité individuelle et collective, invitant chaque citoyen à poser des gestes concrets pour la protection de l’environnement et la préservation des terres pour les générations futures.
Ange Kavuya, depuis Butembo.