Dans une correspondance adressée au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Butembo, avec copies envoyées à plusieurs institutions, notamment l’Auditorat militaire, l’Agence nationale de renseignements, la mairie de Butembo, la Police nationale congolaise ainsi que la société civile, ce jeune juriste dénonce la précarité extrême dans laquelle vivent ces enfants.
Selon lui, les enfants de la rue sont privés de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à l’éducation, à la protection contre les violences et contre toute forme d’exploitation. Une situation qu’il qualifie de grave atteinte aux textes nationaux et internationaux ratifiés par la République démocratique du Congo, en particulier la Constitution et la Convention relative aux droits de l’enfant.
Le jeune juriste estime que ces enfants ne doivent pas être perçus comme des délinquants, mais comme des victimes de plusieurs facteurs sociaux, notamment la pauvreté, les conflits armés récurrents dans la région, les abandons familiaux et les limites du système de protection de l’enfance.
« Les enfants vivant dans la rue sont avant tout des victimes d’un système qui n’a pas su les protéger. Ils sont privés de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à l’éducation, à la protection et à une vie digne. Cette situation constitue une violation claire de la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il est urgent d’agir avant que cette situation ne devienne encore plus dramatique », souligne John Kambale Matumo.
Dans son plaidoyer, il demande au Procureur de la République d’ouvrir des enquêtes sur les cas de négligence parentale et sur les éventuels réseaux d’exploitation des enfants. Il appelle également à une mobilisation conjointe des services sociaux, des organisations humanitaires et des autorités compétentes pour offrir à ces enfants un accompagnement adapté, axé notamment sur leur réinsertion scolaire et sociale.
« Nous demandons aux autorités judiciaires d’agir pour identifier les responsabilités dans la négligence et l’abandon des enfants. Il est également nécessaire de renforcer les mécanismes de protection sociale afin de retirer ces enfants de la rue et de leur offrir une alternative éducative et sécurisée. La rue ne peut en aucun cas être un cadre de formation pour un enfant », insiste-t-il.
Le jeune étudiant appelle enfin les autorités congolaises à assumer pleinement leurs responsabilités en matière de protection de l’enfance, estimant que l’inaction actuelle pourrait avoir des conséquences durables sur l’avenir de la société.
« Un enfant laissé dans la rue aujourd’hui risque de devenir demain une personne en conflit avec la loi ou une personne désespérée. Protéger ces enfants aujourd’hui, c’est investir dans la stabilité et l’avenir de toute la nation. L’État doit jouer pleinement son rôle pour garantir leur dignité et leur avenir », conclut-il.
Ce plaidoyer relance le débat sur la situation des enfants vulnérables dans les grandes villes du Nord-Kivu, où la pauvreté et l’insécurité continuent d’alimenter le phénomène des enfants en situation de rue.