Butembo : les publications des bans et des affiches « Save The Date », garantissent une transparence avant le mariage, un phénomène gagne du terrain

Butembo : les publications des bans et des affiches « Save The Date », garantissent une transparence avant le mariage, un phénomène gagne du terrain

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Ghislain Lukambo

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Les pratiques visant à garantir la transparence avant la célébration du mariage prennent de l'ampleur dans la ville de Butembo. Si la publication des bans demeure une exigence bien ancrée dans les églises et auprès des services de l'état civil, une nouvelle tendance, largement relayée sur les réseaux sociaux sous l'appellation « Save The Date », s'impose progressivement dans les habitudes des futurs mariés. Responsables religieux, officiers de l'état civil et couples interrogés estiment que ces deux démarches contribuent à prévenir les unions irrégulières et à renforcer la confiance autour de l'engagement matrimonial.

Dans plusieurs communautés chrétiennes de Butembo, la publication des bans reste une étape incontournable avant la bénédiction nuptiale. Généralement annoncés plusieurs semaines avant la célébration, ces avis permettent aux fidèles ou à toute personne disposant d'informations susceptibles d'empêcher légalement ou moralement le mariage de les communiquer aux responsables de l'église avant la cérémonie.

Pour les responsables ecclésiastiques, cette pratique constitue un mécanisme de prévention destiné à protéger l'institution du mariage et à garantir que les futurs époux remplissent les conditions requises pour contracter une union.

L'évangéliste Jules Visogho, du Centre de Réveil Spirituel (CRS) de Butembo, estime que cette procédure favorise la transparence et limite les risques de dissimulation de situations incompatibles avec le mariage.

« La publication des bans donne à la communauté l'occasion de signaler d'éventuels empêchements avant la célébration. Même si cette pratique n'est pas explicitement prescrite dans la Bible, elle répond aujourd'hui à un souci d'honnêteté et de transparence. Vouloir la contourner peut être perçu comme une manière de cacher des informations importantes. », explique l'évangéliste Jules Visogho.

À cette tradition ecclésiastique s'ajoute désormais une pratique devenue très populaire sur les réseaux sociaux : le « Save The Date ». Plusieurs futurs mariés choisissent de publier plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant leur union, une affiche annonçant la date de leur mariage et invitant leurs proches à réserver cette journée. Pour certains couples, cette communication ne sert pas uniquement à convier les invités. Elle est également perçue comme une démarche de transparence permettant à toute personne qui connaîtrait un éventuel empêchement de le signaler avant la célébration.

C'est notamment le point de vue de Muhindo Moïse, récemment marié, qui affirme avoir volontairement partagé son « Save The Date » sur les réseaux sociaux.

« Nous avons publié notre "Save The Date" parce que nous n'avions rien à cacher. Si quelqu'un connaissait un empêchement à notre mariage, il avait tout le temps de le signaler avant la cérémonie. Je pense que cette pratique renforce la confiance et j'encourage les futurs mariés à faire preuve de la même transparence. », témoigne-t-il.

Au-delà des églises, les services de l'état civil rappellent que la publication des bans constitue également une exigence prévue dans la procédure administrative précédant la célébration d'un mariage civil. À Butembo, cette formalité doit intervenir au moins deux semaines avant la date retenue pour l'union. Les préposés de l'état civil expliquent que cette période permet de vérifier l'absence d'empêchements juridiques, notamment l'existence éventuelle d'un mariage antérieur non dissous ou d'autres situations incompatibles avec la loi.

La préposée de l'état civil de la commune de Bulengera appelle ainsi les parents à accompagner leurs enfants dans le respect de cette procédure afin de prévenir les cas de double mariage ou d'autres irrégularités susceptibles d'entraîner des conséquences juridiques.

Selon elle, une personne déjà engagée dans un mariage légal ne peut contracter une nouvelle union sans qu'un divorce ou une autre décision conforme à la loi n'ait été prononcé par les juridictions compétentes.

À travers ces différentes pratiques, qu'elles soient religieuses, administratives ou désormais numériques, les acteurs rencontrés s'accordent sur un objectif commun : favoriser des unions fondées sur la sincérité, la responsabilité et le respect des règles établies.

Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place grandissante dans la vie quotidienne, le « Save The Date » apparaît ainsi, pour de nombreux habitants de Butembo, comme un complément moderne à la publication traditionnelle des bans, sans toutefois se substituer aux exigences légales et ecclésiastiques qui encadrent la célébration du mariage.

Dossier de Moise Ndungo, depuis Butembo

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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