La Journée internationale des victimes de disparition forcée est commémorée ce dimanche 30 août 2026, dans un contexte marqué par l’inquiétude persistante des familles dont les proches restent introuvables. Dans la région de Beni-Butembo, plusieurs familles vivent dans l’angoisse, faute d’informations sur le sort de leurs proches, notamment ceux portés disparus dans des zones affectées par les violences des groupes armés.
Cette situation plonge les familles et les proches des victimes dans une profonde détresse. Beaucoup ignorent si les personnes disparues sont encore en vie, où elles se trouvent, dans quelles conditions elles seraient détenues et quel serait leur état de santé. Face à cette incertitude, les acteurs locaux appellent à renforcer les recherches et les mécanismes de protection des victimes.
La présidente du Parlement d’enfants Butembo-Lubero, Christine Ruhuvi, attire particulièrement l’attention sur le sort des enfants parmi les personnes portées disparues. Elle évoque notamment des cas d’enfants enlevés dans la zone de Manguredjipa et dans les environs, appelant les autorités compétentes à intensifier les efforts pour obtenir leur libération.
« Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que les enfants figurent également parmi les victimes des disparitions forcées dans notre région. Des enfants, mais aussi des frères, des sœurs et des parents sont portés disparus à la suite des violences commises dans certaines zones, notamment à Manguredjipa et dans les environs. Nous demandons aux autorités compétentes de s’impliquer davantage dans les recherches et de tout mettre en œuvre pour retrouver ces personnes et obtenir leur libération. Chaque enfant disparu représente une famille qui souffre et une communauté qui reste dans l’attente. Nous appelons donc les différents services concernés à ne pas abandonner les recherches et à accorder une attention particulière aux enfants victimes de ces enlèvements. »
Au-delà de l’appel à la libération des personnes disparues, la question des démarches à entreprendre par les familles se pose également. Pour le juriste Maître Daniel Mathe, les proches des victimes doivent régulièrement saisir les instances compétentes afin de permettre l’ouverture des recherches et l’établissement des responsabilités.
Il encourage les familles concernées à signaler officiellement les disparitions auprès des services de l’État et à utiliser les voies légales disponibles. Selon lui, cette démarche peut contribuer à documenter les cas et à favoriser l’intervention des autorités.
« Les familles qui sont confrontées à une disparition forcée ne doivent pas rester dans le silence. Elles doivent saisir les services étatiques compétents et porter officiellement les faits à leur connaissance. Cela permet aux autorités d’être informées, d’engager des recherches et, lorsque cela est possible, d’établir les circonstances de la disparition. Les familles ont également droit à la vérité sur le sort de leurs proches. Il est donc important de conserver toutes les informations disponibles et de les transmettre aux instances habilitées afin que chaque cas puisse faire l’objet d’un suivi. »
La commémoration de cette journée constitue ainsi une occasion de rappeler que les victimes de disparition forcée et leurs familles disposent de droits, notamment le droit à la vérité, à la justice et à la réparation.
L’année 2026 marque par ailleurs le 20ᵉ anniversaire de l’adoption de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, traité international consacré à la prévention et à l’éradication de ce phénomène. Placée sous le slogan « Les victimes d’abord », cette commémoration met l’accent sur les victimes et leurs droits, tout en appelant les États et les autres acteurs concernés à renforcer les mécanismes de prévention et de protection.
Gislain Lukambo, depuis Butembo