Les travaux de modernisation des axes Mutsanga et Rughenda se poursuivent à Butembo et constituent l'un des plus importants projets de réhabilitation de la voirie urbaine de la ville. Si ces chantiers sont salués pour leur contribution attendue à l'amélioration de la mobilité, les conditions de circulation sur les voies de déviation suscitent de nombreuses préoccupations. Conducteurs, motocyclistes et piétons dénoncent des itinéraires provisoires étroits, dégradés et insuffisamment aménagés. Pour l'urbaniste Mulemberi Stiven, enseignant à l'Institut du Bâtiment et des Travaux Publics (IBTP) de Butembo, ces voies temporaires doivent répondre aux normes techniques et garantir la sécurité des usagers.
Depuis la fermeture de plusieurs tronçons des axes Mutsanga et Rughenda pour permettre l'exécution des travaux, les usagers sont contraints d'emprunter des routes de contournement. Dans plusieurs secteurs, ces déviations présentent un revêtement fortement dégradé, des passages étroits et une signalisation jugée insuffisante, compliquant la circulation quotidienne.
Aux heures de forte affluence, les embouteillages se multiplient et les risques d'accidents augmentent, notamment pour les motocyclistes, les automobilistes et les piétons qui se partagent des espaces réduits. Cette situation affecte également les activités économiques, les transports en commun ainsi que les déplacements des services d'urgence.
Pour Mulemberi Stiven, la mise en place d'une déviation ne peut être improvisée et doit respecter les prescriptions techniques prévues par les textes en vigueur.
« Une voie de déviation n'est pas une simple alternative créée dans l'urgence. Elle constitue un élément essentiel de la gestion d'un chantier routier et doit être aménagée selon des normes précises. Avant toute fermeture d'un axe principal, les responsables du projet doivent s'assurer que l'itinéraire de remplacement offre des conditions suffisantes de sécurité, de stabilité et de visibilité pour tous les usagers. Une déviation mal aménagée peut exposer la population à des accidents et compromettre le bon déroulement des travaux. »
L'enseignant de l'IBTP souligne également qu'une déviation doit demeurer praticable pendant toute la durée des travaux afin d'assurer la continuité de la circulation.
« Une bonne déviation doit permettre le passage des véhicules, des motocyclistes, des piétons et, si nécessaire, des véhicules de secours dans des conditions acceptables. Elle doit être entretenue régulièrement afin d'éviter que les pluies ou la dégradation du sol ne rendent la circulation encore plus difficile. Lorsqu'une voie provisoire devient impraticable, c'est toute la mobilité urbaine qui est perturbée, avec des conséquences sur les activités économiques, les déplacements des habitants et l'accès aux services essentiels. »
Selon cet expert, une planification rigoureuse reste indispensable pour limiter les désagréments liés aux travaux d'infrastructure.
« La réussite d'un projet routier ne dépend pas uniquement de la qualité de l'ouvrage final. Elle repose également sur la manière dont les travaux sont organisés pendant leur exécution. Les déviations doivent être étudiées, balisées et entretenues avant même la fermeture des axes concernés. Une signalisation claire, un suivi permanent de leur état et une coordination efficace entre les entreprises chargées des travaux et les autorités compétentes permettent de réduire les risques et d'assurer une meilleure cohabitation entre les chantiers et les usagers. »
Alors que les travaux de modernisation des axes Mutsanga et Rughenda se poursuivent, de nombreux habitants de Butembo souhaitent que les entreprises en charge des chantiers et les autorités compétentes accordent une attention particulière à l'amélioration des voies de déviation. Ils estiment que des aménagements conformes aux normes contribueraient à renforcer la sécurité, à fluidifier la circulation et à réduire les difficultés rencontrées quotidiennement par les usagers en attendant l'achèvement des travaux.
Reportage Muhindo Degusto