Les décès de plusieurs jeunes, notamment parmi les nouveaux mariés, continuent de susciter des interrogations au sein de la communauté de Butembo. Face à cette situation jugée préoccupante, le Conseil urbain de la Jeunesse entend ouvrir un débat public afin de mieux comprendre les causes de ces décès et d’explorer des pistes de solutions. La question sera notamment au centre d’une conférence annoncée pour le 12 août prochain, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. L’initiative vise à réunir différents acteurs afin de réfléchir sur la situation des jeunes et sur les facteurs susceptibles d’expliquer ces décès rapportés dans la ville.
Selon Franck Mukendi, président du Conseil urbain de la Jeunesse de Butembo, cette situation ne peut laisser indifférentes les organisations de jeunes.
Franck Mukendi explique les motivations de cette démarche dans des propos recueillis par Moise Ndungo :
« Nous sommes réellement préoccupés par cette situation qui touche notre jeunesse, particulièrement les cas de décès qui sont rapportés parmi certains jeunes, y compris des personnes qui viennent à peine de se marier. Pour nous, la vie humaine est sacrée et doit être protégée. Nous ne pouvons donc pas rester silencieux face à une situation qui suscite autant d’interrogations au sein de la population. C’est justement pour cette raison que nous avons décidé de mettre cette question au centre de nos réflexions à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, le 12 août. Nous voulons réunir les jeunes, les autorités, les professionnels et les autres acteurs de la société afin d’échanger sur les causes possibles de cette situation et surtout de rechercher ensemble des pistes de solutions. Notre objectif n’est pas de propager la peur ou les rumeurs, mais plutôt de comprendre ce qui se passe et de contribuer à la protection de la vie des jeunes dans notre ville. »
Cette conférence devrait également permettre de discuter des comportements et des responsabilités des jeunes dans leurs relations sociales et conjugales.
Le Conseil de la Jeunesse appelle à la responsabilité
La situation est également alimentée par diverses rumeurs circulant dans certains milieux, notamment celles faisant état d’une possible vengeance de personnes qui auraient connu des déceptions dans leurs relations amoureuses. Sans confirmer ces allégations, le président du Conseil urbain de la Jeunesse estime qu’aucune frustration ou déception sentimentale ne peut justifier le recours à la violence ou à un acte criminel.
Il invite plutôt les jeunes à privilégier la responsabilité, le respect mutuel et la fidélité dans leurs relations. Franck Mukendi appelle ainsi les jeunes à bannir toute forme de violence et à privilégier le dialogue dans leurs relations :
« Nous entendons effectivement certaines rumeurs qui parlent de personnes qui auraient été déçues dans leurs relations amoureuses et qui pourraient chercher à se venger. Mais nous devons être très prudents avec ce genre d’informations parce qu’une rumeur ne constitue pas une preuve. Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que rien ne peut justifier le fait de tuer ou de faire du mal à une autre personne à cause d’une déception amoureuse. Nous appelons donc les jeunes à prendre leurs responsabilités dans leurs relations, à être fidèles envers leurs partenaires et surtout à privilégier le dialogue lorsqu’il y a des problèmes. Une difficulté dans une relation ne doit jamais conduire à la violence. Nous devons apprendre à gérer les conflits autrement et à respecter la vie humaine. C’est aussi l’un des messages que nous voulons porter lors de cette conférence du 12 août. »
Le Conseil urbain de la Jeunesse estime par ailleurs que la recherche des causes de ces décès doit se faire avec sérieux, en s’appuyant sur des faits vérifiables et, lorsque cela est nécessaire, sur les conclusions des services compétents. Dans la ville de Butembo, plusieurs décès de jeunes, mariés comme célibataires, sont actuellement rapportés dans des circonstances jugées troublantes par une partie de la population.
Cette situation alimente les inquiétudes et suscite diverses interrogations au sein des familles et des organisations de la société civile. Le Conseil urbain de la Jeunesse souhaite ainsi que la Journée internationale de la jeunesse puisse servir de cadre à une réflexion responsable, loin des rumeurs et des accusations non vérifiées. L’objectif affiché est de mieux comprendre les réalités auxquelles les jeunes sont confrontés et de renforcer les mécanismes de prévention et de protection de leur vie.
La conférence du 12 août est donc présentée comme une occasion pour les différents acteurs de réfléchir collectivement aux moyens de préserver la jeunesse et de promouvoir des relations fondées sur le respect, la responsabilité et le dialogue.
Dossier Moise Ndunge, depuis Butembo