À Butembo, les ménages qui utilisent des tanks pour collecter et conserver l’eau de pluie sont appelés à renforcer les mesures d’hygiène autour de ces récipients. Le CT Kombi Benjamin, chercheur en eau, hygiène et assainissement et secrétaire à l’École de santé publique de l’Université catholique du Graben (UCG), recommande leur nettoyage régulier, au besoin chaque semaine, afin de limiter les risques de contamination par les poussières, les boues et les bactéries provenant notamment des toitures et des gouttières.
Dans une interview accordée à la RTEE Kivu, le chercheur insiste sur l’importance d’un entretien régulier des collecteurs d’eau, particulièrement après la collecte des eaux de pluie. Selon lui, la poussière, la boue et différentes autres impuretés provenant des toitures et des gouttières peuvent s’accumuler au fond des réservoirs et affecter la qualité de l’eau conservée.
Il recommande ainsi aux ménages de ne pas attendre que les tanks soient fortement encrassés avant de procéder à leur nettoyage. Pour les collecteurs de grande capacité, il estime qu’un nettoyage à l’intérieur du réservoir peut être envisagé lorsque les conditions le permettent, afin d’éliminer efficacement les dépôts accumulés.
« Il est important que les collecteurs d’eau soient régulièrement nettoyés. Après avoir collecté l’eau de pluie, il faut penser à entretenir le tank, au besoin chaque semaine, parce que la poussière et la boue provenant des toitures et des gouttières finissent par s’accumuler au fond. Lorsque le collecteur est de grande capacité, il faut prendre les dispositions nécessaires pour assurer un nettoyage efficace, parce que laisser ces matières s’accumuler peut avoir des conséquences sur la qualité de l’eau. »
Le CT Kombi Benjamin insiste également sur la nécessité de respecter les techniques de plomberie lors de l’installation des systèmes de collecte. Une bonne conception du dispositif doit notamment permettre de faciliter l’entretien du tank et l’évacuation des premières eaux recueillies.
Après une longue période de sécheresse, explique-t-il, la première quantité d’eau de pluie peut entraîner les poussières et autres impuretés qui se sont déposées sur les toitures et dans les gouttières. Cette eau doit donc être évacuée avant de commencer à remplir le réservoir destiné au stockage.
Il appelle par ailleurs les ménages à ne pas considérer automatiquement comme potable une eau de pluie simplement parce qu’elle paraît claire. Selon lui, certains contaminants peuvent être invisibles à l’œil nu. L’eau destinée à la consommation humaine doit donc être traitée avant d’être consommée, afin de réduire les risques sanitaires.
Le chercheur recommande également une durée limitée de conservation de l’eau de boisson dans les ménages. Selon lui, l’eau conservée dans les bidons ne devrait pas être gardée au-delà de 72 heures, sauf dans le cas de l’eau conditionnée dans des bouteilles.
« Il faut aussi faire attention à la durée de conservation de l’eau destinée à la boisson. Dans les ménages, lorsqu’on conserve cette eau dans des bidons, il ne faut pas dépasser 72 heures. Et il faut comprendre que même si l’eau de pluie paraît claire, cela ne signifie pas qu’elle est forcément potable. Elle peut contenir des éléments qu’on ne voit pas à l’œil nu. C’est pourquoi l’eau destinée à la consommation doit être traitée avant d’être bue. »
Ces recommandations interviennent dans un contexte où la collecte de l’eau de pluie constitue une pratique importante pour plusieurs ménages confrontés aux difficultés d’accès à l’eau. Pour le chercheur, cette solution peut répondre à certains besoins, mais elle nécessite le respect de mesures d’hygiène à toutes les étapes, depuis la collecte jusqu’au stockage et à la consommation.
Le CT Kombi Benjamin encourage donc les ménages à maintenir leurs récipients propres, à assurer un entretien régulier des installations, à évacuer les premières eaux après une longue période sèche et à traiter systématiquement l’eau destinée à la boisson.
Reportage Ange KAVUYA depuis Butembo