La coordination de la société civile de Butembo exprime de vives inquiétudes face au retard constaté dans l’exécution des travaux de réhabilitation et de modernisation de la route Butembo–Kanyabayonga. Six mois après le lancement officiel de ce projet routier stratégique, les acteurs citoyens dénoncent un rythme d’exécution jugé lent et soulignent plusieurs irrégularités qui, selon eux, compromettent la bonne réalisation des travaux. Dans une lettre ouverte adressée au ministre des Infrastructures et Travaux Publics, la société civile appelle à la mise en place urgente d’une commission indépendante d’évaluation.
Selon cette structure citoyenne, le projet censé s’étendre sur une période de trois ans connaît déjà des blocages préoccupants, notamment sur le plan social et technique. Elle pointe du doigt l’absence d’indemnisation des populations affectées par le tracé de la route, une situation qui alimente des tensions dans certaines zones concernées par les travaux.
Le président de la coordination de la société civile de Butembo, Mathe Sahanane, estime que ces dysfonctionnements nécessitent une intervention rapide des autorités compétentes afin de garantir la transparence et l’efficacité du projet.
« Nous constatons avec regret qu’après six mois depuis le lancement officiel des travaux de la route Butembo–Kanyabayonga, l’exécution ne suit pas le rythme attendu. Plusieurs irrégularités sont observées sur le terrain, notamment la non-indemnisation des propriétaires des parcelles situées le long du tracé. Cette situation crée des frustrations et risque de compromettre la bonne réalisation du projet. C’est pourquoi nous demandons au ministère des ITPR la mise en place d’une commission indépendante d’évaluation technique afin de faire la lumière sur l’état réel d’avancement des travaux et sur la gestion de ce projet », a déclaré Mathe Sahanane.
La société civile insiste également sur la nécessité de respecter les droits des populations riveraines, en rappelant que tout projet d’infrastructure d’envergure doit intégrer un mécanisme d’accompagnement et de compensation pour les personnes affectées.
« Nous exigeons également que toutes les personnes impactées par ce projet soient prises en charge et indemnisées conformément aux normes en vigueur. Il est important que les travaux d’infrastructures ne se fassent pas au détriment des droits des citoyens. Le développement doit être inclusif et respectueux des populations locales. Sans cela, nous risquons de créer plus de problèmes sociaux que de solutions durables », a-t-il ajouté.
Face à ces préoccupations, la société civile de Butembo appelle les autorités nationales à renforcer le suivi du projet et à garantir une exécution transparente des travaux. Elle réaffirme par ailleurs sa disponibilité à accompagner toutes les initiatives visant à améliorer les infrastructures routières, essentielles pour le désenclavement et le développement économique de la région.