La langue des signes demeure un outil essentiel pour favoriser l’inclusion des personnes sourdes et malentendantes dans la société. À Butembo, le directeur de l’EP Mwange Sourd-Muet, le Frère Mumbere Prince, l’a rappelé à l’occasion de la Journée internationale des langues des signes, célébrée chaque 23 septembre. Il encourage la communauté à apprendre cette forme de communication afin de réduire les difficultés rencontrées par les personnes sourdes et malentendantes dans leur vie quotidienne.
Dans une interview accordée à RTÉÉ-KIVU, le Frère Mumbere Prince indique que l’établissement spécialisé Lwanga Sourd-Muet accueille, pour l’année scolaire 2025-2026, 85 élèves sourds-muets, 15 élèves entendants et 14 écoliers présentant une déficience intellectuelle. Il explique que les enfants y suivent les enseignements grâce à la langue des signes et peuvent assimiler les différentes matières scolaires comme les autres enfants. Pour lui, la surdité ne doit donc pas constituer un obstacle à l’éducation ni à la participation à la vie communautaire.
« La langue des signes est vraiment importante pour permettre aux personnes sourdes et malentendantes de communiquer et de participer pleinement à la vie de la société. Dans notre école, nous encadrons des enfants sourds-muets, mais aussi des enfants entendants et ceux qui présentent certaines déficiences intellectuelles. Les enfants sourds apprennent les différentes matières scolaires grâce à la langue des signes et ils sont capables de comprendre et de progresser comme les autres enfants. Nous devons donc comprendre que la surdité ne signifie pas que l’enfant est incapable d’apprendre. Ces enfants ont des capacités et peuvent également apporter beaucoup à la communauté », a expliqué le Frère Mumbere Prince.
Le responsable de l’établissement déplore cependant que certaines personnes ne comprennent pas encore suffisamment l’importance de scolariser les enfants sourds et malentendants. Cette perception, selon lui, peut contribuer à leur marginalisation et limiter leurs possibilités d’apprentissage et d’intégration. Il appelle ainsi les parents à accorder une attention particulière à l’éducation de ces enfants et l’ensemble de la communauté à changer son regard sur les personnes vivant avec une déficience auditive.
« Nous demandons à la communauté de comprendre que les enfants sourds et malentendants ont les mêmes capacités d’apprentissage que les autres enfants. Ils peuvent étudier, apprendre un métier, travailler et participer à différentes activités dans la société. Il faut donc éviter de les considérer comme des personnes incapables. Nous encourageons aussi les membres de la communauté à apprendre la langue des signes, parce que cela va faciliter la communication avec les personnes sourdes et leur permettre de se sentir pleinement intégrées. L’inclusion commence lorsque nous sommes capables de communiquer avec tout le monde », a insisté le Frère Mumbere Prince.
À l’occasion de cette Journée internationale des langues des signes, le message lancé à Butembo est donc celui d’une plus grande inclusion, notamment à travers l’accès à l’éducation et la promotion de la langue des signes comme moyen de communication accessible aux personnes sourdes et malentendantes.
Ange Kavuya